Procès Chirac: Le tribunal doit clore les débats ce lundi après-midi

JUSTICE Le parquet avait requis un non-lieu général au terme de l'instruction, et les deux vice-procureurs devraient logiquement demander la relaxe...

© 2011 AFP

— 

Georges Kiejman interrogé à l'issue de la première journée d'audience du procès de Jacques Chirac, son client, dans l'affaire des emplois fictifs, le 7 mars 2011 au palais de justice de Paris.
Georges Kiejman interrogé à l'issue de la première journée d'audience du procès de Jacques Chirac, son client, dans l'affaire des emplois fictifs, le 7 mars 2011 au palais de justice de Paris. — no credit

Un ex-président de la République excusé pour raisons de santé, des témoins qui font faux bond au tribunal ... Le procès de Jacques Chirac dans l'affaire des emplois présumés fictifs de la ville de Paris, qui touche à sa fin, s'est apparenté à un bal des absents.

Après une dernière audition, le tribunal correctionnel de Paris doit clore les débats lundi après-midi, laissant la place aux plaidoiries et réquisitions jusqu'à la fin du procès, vendredi.

Dans la salle d'audience lambrissée de chêne, la chaise capitonnée de cuir vert qui était prévue pour l'ex-chef de l'Etat, identique à celles des neuf autres prévenus, est restée vide depuis l'ouverture du procès, le 5 septembre.

Le président de la 11e chambre, Dominique Pauthe, qui a autorisé Jacques Chirac à être représenté par ses avocats au vu d'un rapport médical faisant état de sévères troubles de la mémoire, lit à chaque audience un résumé de ses déclarations faites pendant l'instruction. «Je conteste le terme de système», disait ainsi Jacques Chirac, décrivant les emplois litigieux comme «une succession de cas individuels et non pas une pratique déterminée et organisée».

Alain Juppé était particulièrement attendu

Il est jugé pour 28 postes rémunérés par la mairie de Paris entre 1990 et 1995, alors que leurs titulaires travaillaient selon les enquêteurs soit pour le RPR, soit pour servir les ambitions électorales de celui qui était à l'époque maire de Paris.

Quand vient leur tour, les avocats de Jacques Chirac interrogent les quelques témoins qui se sont déplacés (en général pas plus de deux par audience), tentant de les aider à démontrer en quoi ces postes de chargés de mission étaient utiles à la ville de Paris.

Dans ces circonstances particulières, la venue prévue le jeudi 15 du ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, condamné en 2004 dans l'un des volets de l'affaire et qui était cité comme témoin, était particulièrement attendue.Mais l'ex-adjoint de Jacques Chirac à la mairie de Paris s'est envolé le matin même pour la Libye avec Nicolas Sarkozy, et le tribunal a décidé de ne pas le reconvoquer.

Les avocats de Jacques Chirac ont incarné l'ex-président

Parfois, deux des conseils de Jacques Chirac, Mes Jean Veil et Georges Kiejman, se prennent à incarner l'ex-président. «Je m'en souviens malgré mes défaillances de mémoire», a lancé Me Kiejman à une question de son confrère.

«Jacques Chirac vous répond qu'il n'en a pas souvenir et que son avocat s'exprimera en plaidant», a sèchement répondu Me Veil à une question des représentants d'Anticor, association anticorruption dont les conseils de Jacques Chirac contestent la présence en tant que partie civile.

Le parquet devrait demander la relaxe

La principale victime, la ville de Paris, s'est pour sa part retirée à la suite d'un accord d'indemnisation conclu en septembre 2010 avec Jacques Chirac et l'UMP.

Quant aux deux représentants du parquet, Michel Maes et Chantal de Leiris, ils sont physiquement présents, mais extrêmement discrets, ne posant que de rares questions.

Le parquet avait requis un non-lieu général au terme de l'instruction, et les deux vice-procureurs devraient logiquement demander la relaxe, lors de leurs réquisitions mardi.

Il reviendra aux deux avocats d'Anticor, Jérôme Karsenti et Jeremy Afane-Jacquart, qui plaideront lundi, de porter la contradiction face à la défense. Celle-ci aura la parole de mercredi à vendredi.