Interview de DSK: La presse française critique le manque de sincérité de l'ancien patron du FMI

POLITIQUE Beaucoup d'éditorialistes s'indignent de l'allusion faite par DSK à la thèse «abracadabrante» du complot...

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Dominique Strauss-Kahn sur le plateau du 20 heures de Claire Chazal, le 18 septembre 2011.
Dominique Strauss-Kahn sur le plateau du 20 heures de Claire Chazal, le 18 septembre 2011. — FRANCOIS GUILLOT/AP/SIPA

La presse française critique lundi le flou des explications de Dominique Strauss-Kahn, son «égoïsme» et son manque de sincérité, lors de sa première intervention télévisée en France - calibrée sur mesure par ses communicants, relève-t-elle - depuis son retour des Etats-Unis.

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Si Paul-Henri du Limbert dans Le Figaro regrette que le «débat passionnant entre Nicolas Sarkozy et Dominique Strauss-Kahn» n’ait pas lieu «puisque DSK a raté son grand rendez-vous», Olivier Picard, dans Les Dernières nouvelles d'Alsace, stigmatise «l'égoïsme» de l'ancien directeur du FMI qui a «anéanti un avenir qui n’était pas seulement le sien pour +7 à 9+ minutes de 'plaisir' officiellement 'précipité'.»

«Égoïste jusqu’au bout, l’ancien directeur du FMI a pourri la séquence, positive, des primaires du PS» et «compromis sans état d’âme, et doublement, son 'amie' Martine Aubry en confirmant - alors que personne ne le lui demandait - le pacte de désistement qu’elle aurait noué avec lui», écrit l'éditorialiste des DNA.

La thèse «abracadabrante» du complot

Beaucoup d'éditorialistes, comme Vincent Giret dans Libération ou David Guévart du Courrier picard, s'indignent de l'allusion faite par DSK à la thèse «abracadabrante» du complot et estiment qu'il n'a pas convaincu, même si certains, comme Hubert Coudurier (Le Télégramme), lui reconnaissent «un certain panache».

Selon Vincent Giret, DSK n'a pas évité «la maladresse, sinon le faux pas» en évoquant le complot «sans apporter l’once d’une preuve à cet invraisemblable scénario».

«DSK 'piétiné', DSK 'humilié', mais DSK libéré et blanchi par la justice américaine? Cette séquence ne convaincra pas les femmes et les associations qui manifestaient à la même heure aux portes de TF1», ajoute Hervé Favre dans La Voix du Nord qui juge l'avenir de Dominique Strauss-Kahn «encore plus dévalué qu'un titre de la dette grecque».

«Pour un peu, il semble même se poser en victime»

Xavier Panon (La Montagne) est scandalisé lui aussi: «Pour un peu, il semble même se poser en victime, sans exclure le piège ou le complot, en réfutant tout rapport entre son pouvoir et ses jeux de séducteur.»

«DSK! Formidable avocat de sa propre cause, il atteint alors au sublime dans le registre de l'honneur bafoué et du mari repenti» s'exclame Francis Brochet dans le Progrès de Lyon qui lui décerne un tonitruant «Chapeau l'artiste, et un grand bravo aux communicants d'Euro RSCG.»

Pour Jacques Camus (La République du Centre), «ce n’est pas à Claire Chazal, amie d’Anne Sinclair, qu’il appartenait de conduire cette 'interview', si l’on peut appeler ainsi le déroulé des questions obéissant à un plan préétabli. C’était manifestement trop 'propre' et trop 'calibré' pour que s’installe la moindre impression de spontanéité et de sincérité sur le plateau.»

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