Fête de L'Humanité: Royal tend la main à Mélenchon

POLITIQUE Le grand rassemblement de la «fête de l'huma» se tient ce week-end...

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Ségolène Royal à Tourcoing le 16 septembre 2011
  Ségolène Royal à Tourcoing le 16 septembre 2011 — AFP PHOTO FRANCOIS LO PRESTI

Ségolène Royal (PS) a souligné samedi des «convergences» avec Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) sur la réforme bancaire ou l'interdiction des licenciements boursiers, lors d'une visite à la Fête de L'Humanité qui a provoqué une énorme cohue médiatique.

Huées et sifflets

Arrivée vers 10h10 sur le site de La Courneuve, la candidate à la primaire socialiste a été accueillie par Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, après un court passage dans les allées de la fête où ont fusé quelques huées et sifflets et un «dehors la droite!», au milieu de quelques «Bravo Ségolène!».

Entourés d'une nuée de photographes et cameramen empêchant les militants d'approcher, les deux responsables ont ensuite rejoint le stand du Front de gauche où les attendait Jean-Luc Mélenchon. «Mon dieu, quelle comédie!», a alors lancé le coprésident du Parti de gauche avant d'embrasser la candidate. Tous deux ont discuté une dizaine de minutes durant lesquelles Mme Royal a dit ses «deux points de convergences» avec le candidat du FG: «la réforme bancaire» car «les banques doivent obéir et cesser de commander» et «racketter les gens avec des tarifs bancaires exorbitants» mais aussi «l'interdiction des licenciements boursiers» qu'il faut «inscrire dans une loi» pour «remettre de l'ordre juste».

Elle a d'ailleurs proposé à son partenaire de «lui transmettre deux projets de loi» sur ces sujets pour que le FG puisse «travailler dessus» et les «finaliser» dans une «démarche participative». M. Mélenchon a salué «une bonne nouvelle» et dit à «Ségolène»: «si tu arrives à centraliser ces questions dans le débat des socialistes on ne peut que s'en réjouir». C'est «formidable que tu sois venue», «tu comprends notre démarche de la radicalité concrète», a ajouté tout sourire celui qui avait quitté le PS en novembre 2008, dénonçant son orientation vers «le centre-gauche» après la victoire de la motion de Ségolène Royal en vue du congrès de Reims. Il lui a également souhaité «bonne chance».

La fin du temps du mépris

Devant les journalistes, M. Mélenchon, qui assure ne pas vouloir «se mêler de la primaire», a salué sa présence «non pas pour nous promettre des postes dont nous n'avons que faire» mais pour dire ses convergences. «C'est énorme», a souligné l'eurodéputé, estimant que «le temps du mépris est fini à notre égard».

«J'attends des autres qu'ils viennent dire pareil», a lancé l'ex-sénateur PS, alors que Martine Aubry est attendue en début d'après-midi sur le site. «Si après, (Ségolène) va voir (François Bayrou et les centristes), c'est son problème, pas le nôtre!», a-t-il ajouté. Avant de partir après 50 minutes de visite, comme des journalistes lui demandaient si elle était là pour draguer l'électorat communiste alors qu'elle n'était pas venue à La Courneuve en 2006 lors de la précédente primaire, Mme Royal a répondu: «Je ne viens pas chercher des voix», mais «souligner des convergences» pour «rassembler toutes les gauches» sur «la base d'un projet concret», loin des «tractations d'appareils».