Primaires: le PS espère un succès après le débat télévisé

POLITIQUE Le débat a réalisé des audiences importantes...

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Les six candidats de la primaire socialiste lors du débat sur France 2, jeudi 15 septembre 2011.
Les six candidats de la primaire socialiste lors du débat sur France 2, jeudi 15 septembre 2011. — CHESNOT/SIPA

Près de cinq millions de téléspectateurs pour une confrontation sans dérapage: le premier débat télévisé réunissant les six candidats à la primaire socialiste est considéré au PS comme un succès présageant une affluence aux urnes en octobre.

Alors que la droite a fait naître une polémique sur l'équité de temps de parole entre les différents partis, Harlem Désir, premier secrétaire par intérim du PS, a vanté vendredi auprès de l'AFP une «grande soirée de télévision et de politique», estimant que la grande perdante était «la droite, vieillotte et repliée». «Nous venons de donner un grand coup de neuf et de dépoussiérer la politique française», a jugé l'eurodéputé.

4.920.000 téléspectateurs, représentant 22,1% de part d'audience, ont suivi ce débat en «prime time» sur France 2 mené par David Pujadas, réunissant sur le même plateau Arnaud Montebourg, Jean-Michel Baylet, François Hollande, Martine Aubry, Manuel Valls et Ségolène Royal.

«Les primaires sont en train de marcher»

L'émission très sérieuse, abordant des sujets de fond - nucléaire, déficits, crise, éducation - qui a duré près de trois heures, est arrivée en tête devant celle de TF1, Masterchef, à l'audience régulièrement élevée. Me Jean-Pierre Mignard, porte-parole de la Haute autorité des primaires, chargée de superviser le processus, s'est également réjoui de cette audience. L'avocat croit en effet «qu'aujourd'hui, le plancher d'un million (de votants les 9 et 16 octobre) est dépassé». «On va vers un autre chiffre. Je ne sais pas lequel, mais indéniablement, la tendance est aujourd'hui à la croissance du nombre des participants», a-t-il dit à l'AFP.

Pour Jean-Christophe Cambadélis, soutien de Martine Aubry, «l'émission était bonne pour la gauche, pour le PS», «les primaires sont en train de marcher», et on est «dans une espèce de publicité comparative».

Vives critiques de la droite

Dans le camp adverse, l'UMP Jean-François Copé a estimé que les candidats avaient obtenu «beaucoup trop de temps de parole» pour «aucune proposition sérieuse».

Dès jeudi soir, des critiques de la droite avaient fusé: le député UMP Eric Raoult, suivi par Christine Boutin (Parti chrétien-démocrate), a écrit au président du Conseil supérieur de l'audiovisuel pour protester contre «le déséquilibre de temps de parole» en raison de la primaire PS, demandant «un rééquilibrage» au profit de la majorité.

En visite en Alsace, Nicolas Sarkozy a ironisé vendredi: «Quand on regarde la télévision, parfois il y a des programmes, dites donc, les dépenses, ça y va!». Un commentaire qualifié de «fanfaronnade» par Pierre Moscovici (PS). «C'est quand même un comble pour l'homme qui a mis les finances publiques de la France à bas!», s'est exclamé le coordinateur de la campagne de François Hollande.

Enthousiasme pour les plus petits candidats

Du côté des candidats, notamment des outsiders Manuel Valls et Arnaud Montebourg, aux prestations remarquées jeudi soir, l'enthousiasme était de mise. «Que 5 millions de personnes aient regardé un débat avec six candidats d'une même famille politique, c'est quand même incroyable!», a réagi Manuel Valls, prédisant un dépassement des 2 millions de votants dans trois semaines. «Cette audience massive montre le grand intérêt des Français», a renchéri Arnaud Montebourg.

Grand absent de la primaire socialiste, mis hors course brutalement le 14 mai à New York, Dominique Strauss-Kahn a fait l'objet d'une question jeudi en fin de débat suscitant un certain embarras parmi les candidats, à l'exception de Manuel Valls, qui lui a donné du «mon ami». L'ancien favori de la présidentielle dans les sondages a choisi de rompre le silence. Il sera l'invité de la grand-messe de Claire Chazal sur TF1 dimanche à 20h00.

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