Primaires: Un débat pédagogique entre candidat bien élevés

POLITIQUE Pas d'éclats de voix et beaucoup de pédagogie...

Matthieu Goar
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Les six candidats au débat organisé par le PS dans le cadre de ses primaires citoyennes, sur France 2, le 15 septembre 2011.
Les six candidats au débat organisé par le PS dans le cadre de ses primaires citoyennes, sur France 2, le 15 septembre 2011. — France 2

Ce n’était pas un soir pour prendre des risques, ni le moment de sortir une idée fracassante du chapeau. Pour la première de leurs trois grandes joutes télévisuelles, les candidats aux primaires socialistes ont, jeudi soir, surtout exposé les grandes thématiques de leur programme. Avec pédagogie, sérieux et parfois un soupçon de gravité, crise économique oblige. Mais sans dévier d’un discours qu’ils rodent  tous depuis des mois.

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Fidèles à leur ligne

La spéculation des banques, l’endettement de l’Etat, la possible faillite de la Grèce, le propos était, hier soir, avant tout économique. Avec de réelles différences. « Je préfère les mettre sous tutelle avant qu’elles ne nous mettent sous tutelle », a ainsi expliqué Arnaud Montebourg en évoquant une entrée de l’Etat dans le capital des banques. Idée approuvée par Ségolène Royal qui, elle aussi, a concentré ses attaques sur la finance pour lui « interdire de spéculer sur la misère des Etats ». Des propos interventionnistes, alors que Manuel Valls et François Hollande insistaient sur la dette française. « J’avais annoncé qu’il fallait être crédible […], je ne changerai pas », a glissé l’ancien premier secrétaire assumant son idée critiquée de créer 60 000 postes dans l’enseignement en cinq ans. Martine Aubry est, elle, restée fidèle à sa volonté de développer la  justice sociale. «Il faut réduire les dépenses des ménages, bloquer les loyers », a-t-elle asséné. De son côté, Jean-Michel Baylet a insisté sur le rôle des PME, « tissu dynamique de notre pays ».

Un débat courtois

Chacun était dans son rôle. Depuis des mois, les candidats ont trop ciselé leurs éléments de langage pour sortir de leurs rails. Le débat tant craint est donc resté courtois, les candidats s’interpellant à peine, à part  Aubry et Hollande sur le nucléaire, domaine stratégique de discussion avec les écoogistes. « Avant d’essayer de nous mettre en désaccord M. Pujadas, il faut d’abord que l’on s’explique », a lancé Manuel Valls, résumant l’esprit pédagogique de la soirée. Au final, pas de petites phrases ni de grands gagnants. A part peut-être le Parti socialiste, qui redoutait depuis des mois que le débat ne se transforme en affrontement sanguinaire.