Injure raciale: Brice Hortefeux relaxé en appel dans l'affaire des «Auvergnats»

JUSTICE Le Mrap s'est pourvu en cassation...

J. M. avec Reuters
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Brice Hortefeux, le 21 janvier 2011 à Paris.
 
Brice Hortefeux, le 21 janvier 2011 à Paris.   — CHAMUSSY/SIPA

L'ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a été relaxé ce  jeudi par la cour d'appel de Paris où il était rejugé pour injure  raciale lors d'une conversation en 2009 avec un militant UMP d'origine  maghrébine. La cour, déclarant irrecevable la plainte du Mouvement contre le  racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) a infirmé le jugement  de première instance qui l'avait condamné à 750 euros d'amende et 2.000  euros de dommages et intérêts. L'association s'est pourvue en cassation dans la foulée.

La campagne présidentielle en toile de fond

Lors d'une réunion de l'UMP à Seignosse (Landes) le 5 septembre  2009, le ministre disait à l'adresse d'un militant maghrébin, dans un  échange filmé: «Il ne correspond pas du tout au prototype. Il en faut  toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup  qu'il y a des problèmes.» La diffusion de ces propos avait provoqué un tollé, la gauche réclamant la démission du ministre.

Brice Hortefeux avait donné des explications variables,  disant tantôt qu'il parlait du nombre de clichés pris avec lui dans la  journée, tantôt qu'il parlait des habitants de l'Auvergne, dont il est  lui aussi originaire. Amine Benalia-Brouch, le militant UMP raillé par Brice Hortefeux,  a quitté depuis le parti de Nicolas Sarkozy. Il a raconté dans un livre  publié en 2010 avoir défendu le ministre de l'Intérieur sur ordre des  dirigeants du parti, qui selon lui avaient demandé de mentir et de  confirmer la version des «Auvergnats». Brice Hortefeux est devenu depuis député européen et il est  pressenti, selon des médias, pour diriger l'éventuelle campagne  présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012.