Robert Bourgi aurait aussi financé Sarkozy selon un chiraquien

POLITIQUE Selon un ancien conseiller Afrique de Jacques Chirac...

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L'avocat Robert Bourgi à Paris, le 09 septembre 2011.
L'avocat Robert Bourgi à Paris, le 09 septembre 2011. — BERNARD BISSON/JDD/SIPA

L'affaier Robert Bourgi pourrait éclabousser un peu plus que Dominique de Villepin. Selon un ancien conseiller Afrique de Jacques Chirac, Michel de Bonnecorse, l'avocat aurait également apporté des fonds à Nicolas Sarkozy. Des révélations qui seront publiées dans un livre de Pierre Péan à paraître.

Interrogé dimanche par l'AFP, l'Elysée s'est refusé à tout commentaire.

Dans le Journal du Dimanche, Robert Bourgi, qui est devenu un conseiller influent de Nicolas Sarkozy sur l'Afrique après avoir oeuvré dans l'entourage de Jacques Chirac et Dominique de Villepin, réfute cette version: "Ni Omar Bongo, ni aucun autre chef d'Etat africain, par mon intermédiaire, n'a remis d'argent ni à Nicolas Sarkozy ni à Claude Guéant".

Dans un entretien accordé en février 2011 à Pierre Péan et reproduit dans son livre "La République des mallettes" (éd. Fayard), l'ex-Monsieur Afrique de Jacques Chirac, Michel de Bonnecorse, affirme que quand "il semblait évident qu'il y aurait deux candidats à droite, Robert Bourgi estima qu'il était temps de tendre la sébile pour les deux".

Dès lors, il "obtient de Denis Sassou Nguesso et d'Omar Bongo (ndlr: les présidents congolais et gabonais) des sommes conséquentes", selon Michel de Bonnecorse, qui ne donne pas de détail sur les montants des fonds allégués ni sur leur utilisation.

Mais quand il rentre à Paris, "Dominique de Villepin est à terre, après l'échec retentissant du CPE en avril 2006, son projet de loi retiré".

"Tout logiquement, Bourgi estime que désormais la route est dégagée pour Sarkozy. Villepin est cuit... Et au lieu de distribuer une mallette à chacun, il n'en fait qu'une, plus grosse, et la dépose aux pieds du ministre de l'Intérieur" de l'époque, Nicolas Sarkozy, affirme Michel de Bonnecorse.

"Et le retour sur investissement a été immédiat après l'élection de Nicolas Sarkozy: Bongo a été un des tout premiers, sinon le premier chef d'Etat appelé par le nouveau président" après son élection, poursuit le diplomate. Par ailleurs, le président gabonais "Bongo obtint alors un prêt pour l'Etat gabonais de 40 millions que Jacques Chirac lui refusait".