«Une branche pourrie que le PS commence à scier»

INTERVIEW Le politologue Daniel Van Eeuwen fait le point sur la mise en examen de Jean-Noël Guérini...

Propos recueillis par Amandine Rancoule

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Jean-Noël Guérini, président du Conseil général des Bouches-du-Rhône, a été mis en examen ce jeudi dans une affaire de marchés publics présumés frauduleux de l'agglomération marseillaise. Le politologue Daniel Van Eeuwen, directeur délégué de l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence, fait le point pour 20 Minutes.

Quel est l’avenir politique de Jean-Nöel Guérini mis en examen hier?

Pour un homme politique, la mise en examen pour «association de malfaiteurs» est absolument exceptionnelle. D’habitude, cela est réservé au domaine criminel. En France, 56 hommes du PS ont été mis en examen sans démissionner de leurs fonctions. Mais là, il est tellement affaibli que ce sera très dur pour la suite.

Il garde la tête du département (CG). Qu’en pensez-vous?

Le vrai pouvoir est le pouvoir de l’argent et il garde la main sur le CG. Il n’y aura pas de fédération socialiste indépendante dans le département s’il reste à la tête du vaisseau bleu.

Et au niveau de son retrait du PS?

C’est lié. Le parti commence à le pousser à la démission du CG avant l’ouverture des primaires. Dans le contexte de la présidentielle, les pratiques de clientélisme naturelles en terre du sud sont embarrassantes. C’est une branche pourrie que le PS commence à scier.