Bouches-du-Rhône: Jean-Noël Guérini mis en examen pour «association de malfaiteurs»

JUSTICE Le socialiste marseillais prend congé du PS et délègue temporairement la présidence du Conseil général...

Avec Reuters

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Jean-Noël Guérini sort de son audition au TGI de Marseille. Entouré de ses avocatsDominique Mattei et Patrick Maisonneuve, le président du conseil général des Bouches-du-Rhône vient d'être mis en examen pour «trafic d'influence association de malfaiteurs et prise illégale d'intérêts», jeudi 8 septembre 2011.
Jean-Noël Guérini sort de son audition au TGI de Marseille. Entouré de ses avocatsDominique Mattei et Patrick Maisonneuve, le président du conseil général des Bouches-du-Rhône vient d'être mis en examen pour «trafic d'influence association de malfaiteurs et prise illégale d'intérêts», jeudi 8 septembre 2011. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

L'homme fort du Parti socialiste des Bouches-du Rhône, Jean-Noël Guérini, a été mis en examen ce jeudi dans une affaire de marchés publics présumés frauduleux de l'agglomération marseillaise.

Le sénateur et président socialiste du conseil général du département a immédiatement annoncé qu'il se mettait en congé du Parti socialiste (PS), conformément aux demandes des instances de sa formation embarrassée par cette affaire à un mois du premier tour de la primaire pour choisir son candidat à la présidentielle de 2012.

Prise illégale d'intérêt, trafic d'influence et association de malfaiteurs

Jean-Noël Guérini est mis en examen pour des faits de prise illégale d'intérêt, de trafic d'influence et d'association de malfaiteurs en vue du trafic d'influence et du recel de trafic d'influence. Ses défenseurs ont fustigé le chef d'association de malfaiteurs, qu'ils jugent quasiment sans précédent dans le cas d'un homme politique et demandé le «dépaysement» du dossier dans une autre région que Marseille.

>> La chronologie de l'affaire Guérini, c'est par là

Jean-Noël Guérini, qui a annoncé qu'il délèguerait «temporairement une partie de ses prérogatives» au Conseil général, sans pour autant démissionner de cette instance, a dit être victime d'une manipulation politique de la majorité. «Je vais prouver mon innocence et l'immense manipulation politique qui part du sommet de l'Etat», a-t-il déclaré en ressortant du palais de justice de Marseille après plus de cinq heures d'audition devant le juge d'instruction Charles Duchaine.

«Cette mise en examen doit marquer la fin du système Guérini»

Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, partage en partie cette analyse: «Le pouvoir cherche à faire de l'affaire Guérini une affaire qui embarrasse le PS», a-t-il indiqué sur I-Télé. Mais le Parti socialiste risque bien de pâtir de cette affaire dans la campagne pour l'élection présidentielle de 2012.

Arnaud Montebourg, candidat à la primaire socialiste, qui avait le premier dénoncé un système qu'il avait qualifié de «clientélisme féodal» dans les Bouches-du-Rhône, a souhaité que Jean-Noël Guérini soit «mis hors d'état de nuire à la réputation des socialistes» à un moment politique crucial.

«Les sombres prédictions que j'avais décrites dans mon rapport (...) se réalisent», a-t-il déclaré en estimant qu'il devait également démissionner de la présidence du Conseil général des Bouches-du-Rhône. Le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, a quant à lui estimé que «cette mise en examen doit marquer la fin du système Guérini».