Justice: Les plus gros «boulets» du Parti socialiste

POLITIQUE Jean-Noël Guérini n'est pas le seul à avoir des ennuis judiciaires et à gêner le PS...

M.P. avec Reuters

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Sylvie Andrieux, conseillère municipale. Marseille, le 30 mai 2011.
Sylvie Andrieux, conseillère municipale. Marseille, le 30 mai 2011. — PATRICE MAGNIEN / 20 MINUTES

Jean-Noël Guérini, le patron de la fédération socialiste de Marseille, devrait être mis en examen ce jeudi après-midi pour prise illégale d'intérêt, trafic d'influence et association de malfaiteurs avec son frère Alexandre en vue de trafic d'influence et de recel de trafic d'influence. «Un boulet moral» pour le PS, selon Harlem Désir, le premier secrétaire du Parti par intérim. Mais le sénateur et président du Conseil général des Bouches-du-Rhône n’est pas le seul à embarrasser le PS. 20Minutes fait le point.

Serge Andréoni
C’est l’autre sénateur socialiste des Bouches-du-Rhône, convoqué dans la même affaire que Guérini. Le maire de Berre l’Etang est, lui, convoqué le 14 septembre, pour des faits présumés de complicité de trafic d’influence.

Bernard Granié
Lui aussi est sénateur socialiste des Bouches-du-Rhône, président du syndicat d’agglomération nouvelle ouest Provence.  La cour d'appel d'Aix-en-Provence l’a pour sa part condamné mercredi à deux ans de prison ferme, cinq ans d'inéligibilité et 100.000 euros d'amende  pour des faits de favoritisme et de corruption passive. Il avait été condamné en première instance, en janvier 2010, à un an de prison ferme pour avoir perçu 300.000 euros d'une société de traitement des déchets à laquelle il a fourni des informations confidentielles relatives à un marché public. Il n'a jamais quitté ses fonctions au San et reste adjoint à l'urbanisme de la mairie de Fos-sur-Mer.

Sylvie Andrieux
Toujours dans les Bouches-du-Rhône, la députée socialiste a été mise en examen,  le 8 juillet 2010, pour «complicité de détournement de fonds publics et complicité de tentative d'escroquerie». Elle est soupçonnée d'avoir fait verser plus de 700.000 euros à des associations «paravent» pour obtenir les voix d'électeurs dans sa circonscription des quartiers nord de Marseille, alors qu'elle était vice-présidente en charge de la politique de la ville au conseil régional.

François Bernardini  
C’est un ex-socialiste. Exclu en 2001 pour avoir mené une liste dissidente aux municipales à Istres, et avoir remporté le scrutin, il avait été contraint de démissionner l'année suivante en raison d'une condamnation à cinq ans d'inéligibilité pour abus de confiance. Il a tenté de réadhérer au Parti. Il l’a fait par internet mais le PS a rejeté sa demande mardi, puisque la réintégration de tout membre exclu doit être entérinée par la fédération des Bouches-du-Rhône et recevoir l'aval du bureau national des adhésions. Or, et c’est là que l’affaire se corse, François Bernardini, réélu à la mairie d’Istres en 2008, est également vice-président du Syndicat d’agglomération nouvelle Ouest Provence… Ainsi, il est candidat à la succession de Bernard Granié, si celui-ci devait démissionner en raison de ses ennuis judiciaires.

Patrick Sèves
Il n’y a pas que les Bouches-du-Rhône. Le maire de l'Haÿ-les-Roses, par ailleurs candidat aux sénatoriales dans le Val-de-Marne, a été mis en examen ce jeudi pour octroi d'avantages injustifiés et soustraction de fonds publics dans une enquête sur les marchés publics de sa ville. Le directeur des services techniques de la mairie et deux gérants d'entreprise sont déjà mis en examen dans cette enquête qui a débuté en 2010 à la suite d'un signalement de Tracfin, la cellule anti-blanchiment du ministère de l'Economie, et qui porte sur les conditions d'attribution de certains marchés publics.

Jacques Mahéas
C’est le sénateur-maire de Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis). Condamné en mars 2010 à une amende de 10.000 euros pour agression sexuelle sur une de ses ex-employées en 2002, il n’a été exclu du PS qu’en juillet 2011. Juste après avoir apporté son soutien à François Hollande, l’un de ses vieux amis.