Chronologie de l'affaire Guérini

JUSTICE Retour sur les dates clefs du dossier qui vaut au président du Conseil général des Bouches-du-Rhône d'être entendu par la justice...

Olivia Vignaud

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Jean-Noël Guérini, président du Conseil général des Bouches-du-Rhône, arrive au Tribunal de grande instance de Marseille, le 8 septembre 2011.
Jean-Noël Guérini, président du Conseil général des Bouches-du-Rhône, arrive au Tribunal de grande instance de Marseille, le 8 septembre 2011. — VILLALONGA KARINE/SIPA

Jean-Noël Guérini, président du Conseil général des Bouches-du-Rhône et baron local du PS, est convoqué ce jeudi par les juges marseillais et pourrait être mis en examen pour «trafic d'influence, association de malfaiteurs et prise illégale d'intérêts». Retour sur l’affaire.

Les deux principaux intéressés - Jean-Noël Guérini, président du Conseil général des Bouches-du-Rhône et son frère cadet, Alexandre Guérini, entrepreneur, qui a exploité pendant plusieurs années des décharges pour le compte des agglomérations de Salon-de-Provence et Aubagne.

2004 - Alexandre Guérini remporte l’appel d’offres de la communauté d’agglomération d’Aubagne pour exploiter la décharge de Mentaure, à la Ciotat. Alors qu’un terrain voisin lui aurait été promis, les propriétaires refusent de le lui vendre.

2006 - Le Conseil général use de son droit de préemption et déclare la parcelle convoitée par Alexandre Guérini d’intérêt public pour le traitement des déchets. Jean-Noël Guérini, président dudit conseil fait voter la vente.

Avril 2009 - Jean-Noël Guérini passe un coup de téléphone à son frère au cours duquel il lui aurait dit: «Tu es censé ne pas le savoir. Moi, je suis censé ne pas le savoir (...), il se dit qu'une enquête préliminaire sera ouverte. A mon avis, ça doit être pour les décharges». Avant de confier: «De toute façon, au bout de trois ans, il y a prescription, ils ne peuvent rien faire». Ses sources étaient bonnes puisqu’une enquête à bien été ouverte après réception de courriers anonymes pour des fraudes présumées dans la passation de marchés publics ce mois là.

Décembre 2010 - Alexandre Guérini est mis en examen et placé en détention à la prison de Luynes pour «détournement de fonds et de biens publics, recel, blanchiment, abus de biens sociaux, corruption active, trafic d'influence» par le juge d'instruction Charles Duchaine.

Mars 2011 - Le député socialiste, Arnaud Montebourg, chargé de la rénovation du parti, réclame la «mise sous tutelle» de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône et l’éviction de Jean-Noël Guérini. Dans un rapport rendu public, il n’hésite pas à qualifier l’action du président du Conseil général de «clientélisme féodal». Quelques jours plus tard, Jean-Noël Guérini, est réélu à son poste.

Mai 2011 - Après plusieurs demandes de remise en liberté, et le paiement d’une caution de 300.000 euros, Alexandre Guérini est relâché.

Juillet 2010 - Après trois mois d’investigation, la commission d'enquête interne présidée par Alain Richard, ancien ministre de la Défense, remet au bureau national du PS un rapport sur les pratiques de la fédération des Bouches-du-Rhône. Il y condamne les «accusations péremptoires» d’Arnaud Montebourg et conclut que «les constats faits par la commission ne démontrent pas de manquement grave et généralisé aux statuts du PS aujourd'hui en vigueur».

Août 2011 - Jean-Noël Guérini reçoit une convocation du juge d'instruction Charles Duchaine.

Septembre 2011 - Le président du Conseil général des Bouches-du-Rhône se présente devant le juge.

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