L'Assemblée nationale vote l'accord européen de sauvetage de la Grèce

CRISE Le montant de l'aide à la Grèce est de 159 milliards d'euros...

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Vue générale de l'hémicycle de l'Assemblée nationale durant la séance des questions au gouvernement, le 20 octobre 2010 à Paris.
Vue générale de l'hémicycle de l'Assemblée nationale durant la séance des questions au gouvernement, le 20 octobre 2010 à Paris. — J. DEMARTHON/AFP PHOTO

L'Assemblée nationale a voté mercredi à main levée l'accord européen de sauvetage de la Grèce mis au point le 21 juillet par les pays de la zone euro.

La garantie de l'Etat au second plan d'aide à la Grèce, d'un montant de 159 milliards d'euros, a été votée sans surprise par la majorité tandis que les socialistes se sont abstenus.

Après le vote du Sénat qui devrait intervenir jeudi, la France deviendra le premier pays européen à valider le plan de sauvetage d'Athènes alors que les autres pays de zone euro font preuve d'une certaine fébrilité sur le sujet.

Les interventions des députés et le vote de l'accord se sont déroulés en quelques minutes à peine, dans un hémicycle quasiment vide.

Au ministre de l'Economie François Baroin qui avait prié, la veille, les députés de voter le plan d'aide «sans délai», l'ancien ministre PS Henri Emmanuelli a expliqué que les socialistes n'allaient «pas voter contre car il faut montrer notre solidarité à la Grèce».

Mesures déjà jugées insuffisantes

Mais, a-t-il dit, «j'émets des doutes très très forts (...) car si les marchés sont si erratiques, c'est qu'ils ont du mal à croire que le scénario du 21 juillet est applicable».

«Quand on regarde le volume de la décroissance en Grèce aujourd'hui, le montant de sa dette et le niveau des taux de crédit proposés sur les marchés, à l'évidence, ce qui est fait n'est pas à la hauteur!», a-t-il dit.

Pierre-Alain Muet (PS) a également souligné que les mesures du plan d'aide étaient «insuffisantes». «Il faut anticiper le jour où la spéculation va atteindre un grand pays en dotant le Fonds de stabilité financière de davantage de moyens», a-t-il plaidé.

«Il faut être solidaire mais cela doit être du donnant-donnant», a lancé François de Rugy (Verts) qui a souhaité le choix des eurobonds «pour gérer la dette».

Les députés de la majorité ne se sont pas exprimés sur le sujet et leurs collègues communistes avaient prévenu qu'ils voteraient contre.

Dans une atmosphère de grande nervosité sur le chapitre de la crise grecque, les marchés financiers ont été soulagés mercredi par le verdict de la Cour constitutionnelle allemande qui a jugé légales les aides promises par Berlin pour lutter contre la crise dans la zone euro.

Mais le plan d'aide à la Grèce ne pourra de toute façon pas être mis en place avant janvier, de nombreux pays de zone euro traînant des pieds pour donner leur aval.