Sénatoriales: Nicolas Sarkozy appelle ses troupes à «l'unité»

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Les sénatoriales du 25 septembre ne se présentant pas sous les meilleurs auspices, Nicolas Sarkozy a appelé ce mardi à «l'unité», en s'en prenant à ceux qui se revendiquent de lui, ce que des participants au petit-déjeuner de la majorité ont interprété comme une pique contre Pierre Charon, qui veut présenter une liste dissidente à Paris.

«Le président a lancé un appel à l'unité en citant le cas de Paris où il a dit que ceux qui se revendiquent de lui», comme son ancien conseiller et ami Pierre Charon, «feraient mieux d'oeuvrer au rassemblement», ont ajouté ces sources. «Ceux qui se recommandent de moi pour diviser aux sénatoriales, il faut tout faire pour qu'ils ne se présentent pas ou alors qu'ils ne soient pas élus», aurait-il ainsi déclaré en citant nommément Pierre Charon, selon ces participants. D'autres ont affirmé à l'AFP que le chef de l'Etat n'avait «pas cité Pierre Charon». «On ne peut pas tolérer de listes dissidentes, y compris de gens qui osent se réclamer de moi. On ne peut pas tirer contre son camp», a dit le président Sarkozy, selon l'un d'eux.

«Il a parlé longtemps de la crise, il a exposé la situation et ses raisons»

Par ailleurs, selon un membre de l'UMP, plusieurs sarkozystes historiques, dont l'ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, ont profité d'un dîner lundi soir à Bercy, autour du secrétaire d'Etat au Tourisme Frédéric Lefebvre, pour tenter de dissuader Pierre Charon de présenter une liste dissidente aux sénatoriales à Paris face à la liste UMP conduite par la ministre des Sports Chantal Jouanno. Si Pierre Charon décidait de présenter cette liste, il s'exposerait à une exclusion de l'UMP, comme l'a affirmé récemment à l'AFP le patron de la fédération UMP de Paris, Philippe Goujon.

Lors du petit-déjeuner de la majorité, le chef de l'Etat a par ailleurs longuement évoqué la situation économique. «Il a parlé longtemps de la crise, il a exposé la situation et ses raisons, et a souligné que cette situation obligeait l'ensemble des protagonistes de la rentrée à un devoir d'hyper-responsabilité», a rapporté un autre membre de la majorité, qui participait à cette réunion à l'Elysée. S'agissant du plan de rigueur, et plus particulièrement du collectif budgétaire dont l'examen débute ce mardi à l'Assemblée nationale, Nicolas Sarkozy a dit «qu'il fallait laisser se dérouler le débat parlementaire».

Une ambiance «calme»

L'ambiance était «calme», selon des participants, et contrastait avec celle du petit-déjeuner de rentrée, jeudi dernier, où le président avait dénoncé, en son absence, les propos «irresponsables» de l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin contre la hausse de la TVA sur les billets d'entrée des parcs à thème.

Nicolas Sarkozy a toutefois regretté «la porosité» de ce rendez-vous hebdomadaire et le fait que ses propos se retrouvent dans la presse. Jean-Pierre Raffarin était absent du petit-déjeuner, ce mardi, mais il a annoncé dimanche soir sur son compte Twitter qu'il rencontrerait vendredi le chef de l'Etat à l'Elysée.