Catherine Pégard, conseillère de Nicolas Sarkozy, nommée au Château de Versailles

CULTURE Sa nomination en lieu et place de Jean-Jacques Aillagon fait polémique...

Anne-Laëtitia Béraud

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Catherine Pégard, conseillère au cabinet de Nicolas Sarkozy, président de la République, à l'Elysée, à Paris, le 25 août 2008.
Catherine Pégard, conseillère au cabinet de Nicolas Sarkozy, président de la République, à l'Elysée, à Paris, le 25 août 2008. — LYDIE/SIPA

Révolution de palais à Versailles. Catherine Pégard a été nommée, par le Conseil des ministres de ce mercredi, présidente de l’Etablissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles, à compter du 2 octobre prochain.

Jusqu’alors conseillère au cabinet de Nicolas Sarkozy, Catherine Pégard succède à Jean-Jacques Aillagon, 65 ans, à la tête de l’institution depuis quatre ans, qui s’est vu signifier son départ par l’Elysée pour des raisons de limites d’âge (fixée à 65 ans). Mardi, l’ancien ministre de la Culture a publié un communiqué annonçant qu’il quittait – avec regret– le château le 30 septembre prochain.

A bientôt 65 ans, Jean-Jacques Aillagon n’assume donc pas son mandat jusqu’à son terme, en juin 2013. Pour maintenir en poste l’ancien ministre, il aurait fallu une dérogation - une démarche loin d’être extraordinaire, l'ancien président de Radio France Jean-Paul Cluzel en a bénéficié pour la présidence du Grand Palais- option qui n’a pas été retenue. 

Une vocation culturelle sur le tard

Succède à Jean-Jacques Aillagon, responsable culturel passé par le Centre Georges Pompidou, la vidéothèque de Paris et la direction des affaires culturelles de la Ville de Paris, une femme au profil très politique, Catherine Pégard. Cette femme de 57 ans, jusqu’alors conseillère de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, a un profil éminemment politique.

Ancienne rédactrice en chef de l’hebdomadaire Le Point et journaliste à Europe 1, cette spécialiste des questions politiques, qui a couvert ce domaine durant trente ans, a rejoint le cabinet du nouveau président de la République, Nicolas Sarkozy, en mai 2007, déclenchant une polémique.

Si depuis plus de quatre ans, cette ancienne journaliste était restée dans l’entourage du Président, son aura a diversement brillé auprès de ce dernier. D’abord sans étiquette, Catherine Pégard se voit d’abord chargée des dossiers politiques en 2008, et dispose du privilège d’un bureau à l’Elysée en accès direct à celui du président de la République.

Une influence qui a faibli par la suite puisqu’elle a quitté le fameux bureau, changé de dossier et s’est dirigée vers la culture. Une vocation sur le tard qui lui réussit aujourd’hui, avec cette nomination à Versailles, mais qui choque certains historiens et historiens de l’art.

Une présidence sportive du château

La bataille de Jean-Jacques Aillagon prendra donc fin le 30 septembre. Une bataille, car sa présidence n’a pas été de tout repos: nommé à ce poste il y a quatre ans, il avait dû user en juin 2010 de toute sa persuasion et de l’appui de ses réseaux pour ne pas pour ne pas être renversé par Xavier Darcos, fraîchement débarqué du ministère du Travail. Le ministre espérait le poste, avant d’accepter la présidence de l’Institut français, «l'établissement public chargé de mettre en œuvre la diplomatie culturelle française».

Mais ce n’est pas la seule polémique que Jean-Jacques Aillagon a essuyée: la tenue des expositions des artistes contemporains Jeff Koons et Takashi Murakami au sein de Versailles, qui avait fait hurler plus d’un commentateur outré par cette intrusion de l’art contemporain au sein des ors royaux, et surtout par la gestion financière de cet établissement public, qui doit pourtant trouver une partie de son budget auprès des entreprises.