Affaire Bettencourt: Pour Fillon, ces allégations sont «à l'évidence dénuées de tout fondement»

RÉACTIONS es politiques réagissent aux accusations portées contre Nicolas Sarkozy...

Anne-Laëtitia Béraud

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Le Premier ministre, François Fillon, le 24 août 2011 à Paris.
Le Premier ministre, François Fillon, le 24 août 2011 à Paris. — B.TESSIER / REUTERS

La confidence de la juge d'instruction Isabelle Prévost-Desprez - affirmant qu'un témoin a déclaré, hors procès-verbal, avoir vu Liliane Bettencourt remettre une enveloppe contenant de l'argent à Nicolas Sarkozy- fait vivement réagir le monde politique.

L'Elysée a démenti catégoriquement le témoignage de l'ex-magistrate de l'affaire Bettencourt -déchargée en 2010 du volet sur l'abus de faiblesse reproché à François-Marie Banier-. «Ce sont des allégations scandaleuses, infondées et mensongères» a-t-on répondu au Monde.

Réactions de l'UMP

Ce mercredi matin, le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé a réagi, sur Canal+, s'estimant «étonné» du témoignage de la juge Prévost-Desprez dans le livre Sarko m'a tuer, qui doit paraître jeudi. 

«Je crois comprendre que c'était hors procès-verbal, que ce sont des attaques de la part d'un juge en exercice. Tout cela est quand même un peu étonnant», a déclaré Jean-François Copé, soulignant que le démenti de l'Elysée était «très clair». «A six mois de l'élection présidentielle,donc il ne faut être dupe de rien...», a-t-il ajouté, dénonçant à demi-mots une possible manipulation politique.

Vidéo AFP de la réaction de Jean-François Copé

La porte-parole du gourvenement, Valérie Pécresse, a quant à elle déclaré sur France 2: «lorsque l'on a des accusations à porter, on ne les porte pas dans un livre ou dans la presse, on les porte devant la justice».

François Fillon, qui s'est exprimé dans un communiqué, souhaite que «les procédures en cours viennent rapidement et en toute indépendance mettre un terme aux manipulations que la période préélectorale paraît seule de nature à expliquer». Le Premier ministre «regrette qu’au mépris de toute règle déontologique de telles allégations visant le Président de la République, à l’évidence dénuées de tout fondement, viennent nourrir la rumeur dans ce qu’elle a de plus détestable et de plus insidieux».

La magistrate «assume» selon l'un des auteurs

Gérard Davet, l'un des auteurs de Sarko m'a tuer, est revenu ce mercredi matin sur Europe 1 sur ces extraits du livre paru dans Libération. Selon ce journaliste du Monde, la magistrate «assume» totalement ses propos puisqu'elle les a «relus» et validés avant la publication du livre. La juge n'a pas enquêté sur ces allégations puisqu'elle n'était pas chargée de ce volet de l'affaire.

Mais pour Gérard Davet, «ça veut peut-être dire que l'enquête n'a pas été menée complètement à son terme par le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, et que l'enquête qui existe toujours à Bordeaux peut rebondir».

Réactions à gauche

Martine Aubry n'a pas tardé à réagir au témoignage de la juge ce mercredi matin. Souhaitant l'ouverture d'une enquête après les affirmations de la juge, la candidate socialiste a déclaré sur BFM TV/RMC: «Je ne comprends pas que Mme la juge n'ait pas exprimé cela devant le procureur même si je sais les pressions dont elle a été l'objet et dont elle s'est d'ailleurs plainte». «Je pense qu'aujourd'hui - je l'espère en tout cas - une nouvelle enquête va être ouverte. C'est ce qui se passe normalement dans un pays où la justice est indépendante et libre. Quand une allégation se retrouve sur la place publique une nouvelle enquête doit avoir lieu», a-t-elle ajouté.

Vidéo AFP de la réaction de Martine Aubry

Pour François Hollande, il y a «trop de pression» de l'Elysée sur la justice, rapporte le Nouvel observateur. La candidat à la primaire socialiste, qui s'est exprimé dans les couloirs de l'Assemblée, aurait ajouté: «Je veux être prudent parce que je ne suis pas pour des polémiques qui surgissent à chaque occasion. Mais ce livre révèle (...) qu'il y aurait à l'Elysée, aux côtés même du président de la République, une cellule qui avec la police, avec la justice, ferait pression pour que des affaires soient lancées et d'autres étouffées».

«Dès qu'il y a un soupçon, il doit y avoir clarification», a estimé pour sa part le député-maire d'Evry (Essonne), Manuel Valls, autre candidat à l'investiture socialiste pour la présidentielle.

Arnaud Montebourg, candidat à la primaire socialiste, a jugé sur I-télé que l'ouverture d'une enquête était «nécessaire» car, selon lui, qu'Isabelle Prévost-Desprez «est un magistrat de bonne qualité, de grande réputation, sa crédibilité est totale».

Toujours au PS, le député de l'Essonne Julien Dray a souhaité sur Europe 1 «qu'on aille jusqu'au bout de la vérité et que rien n'entrave la marche de la justice», estimant: «Je crois qu'il faut croire la justice»,. «La juge devra être entendue, elle devra expliquer», a commenté l'ancien porte-parole du PS.

Réactions du FN

Marine Le Pen s'est également exprimée. Pour la présidente du Front National, ces «révélations» sont d'une «importance considérable». Dans son communiqué, elle précise que ces dernières «illustrent les pressions considérables exercées sur le fonctionnement de la Justice» et  constate que «la vérité ne peut être établie sereinement».

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