DESSONS / JDD / SIPA

ENQUÊTE

Qui est Ziad Takieddine?

et hommes d'affaires franco-libanais, proche de l'entourage de Nicolas Sarkozy, aurait joué un rôle dans l'affaire Karachi...

Le nom de Ziad Takieddine a ressurgi ces derniers jours. Olivier Morice, avocat des victimes de l'attentat de Karachi, a demandé lundi l'audition par la justice du secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé et de l'ancien ministre Brice Hortefeux. En cause? Leurs liens supposés  avec cet homme d’affaires franco-libanais, un intermédiaire présumé de la France dans des contrats d'armement.

Plus précisément, Ziad Takieddine  est présenté comme un intermédiaire dans la vente de sous-marins au Pakistan en 1994, ce dont il se défend.

Devant un yacht ou dans la piscine

Mediapart a en effet publié lundi une série de photos de Jean-François Copé, de Brice Hortefeux mais aussi de Pierre Charon,  un ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, devant le yacht de l’homme d’affaires ou lors d'un voyage au Liban. Une autre photo montre Jean-François Copé nageant dans la piscine de la villa de Ziad Takieddine au Cap d'Antibes.

Mediapart assure préparer une série d'articles sur Ziad Takieddine, devenu à partir de 2002 «un conseiller occulte et un financier de l’ombre au cœur du sarkozysme», selon le site d'investigation. Le site d'informations évoque ainsi des notes faisant état de relations suivies avec l'actuel ministre de l'Intérieur, Claude Guéant. D'autres concernent la politique libyenne de réconciliation spectaculaire menée par Nicolas Sarkozy avec le régime Kadhafi, sur fond de grands contrats.

«Faire sauter le gouvernement»

Ziad Takieddine avait été arrêté en mars dernier à l’aéroport du Bourget à bord d’un jet privé. Il revenait de Libye, en compagnie de deux journalistes du Journal du dimanche qui avaient interviewé Mouammar Kadhafi. Le Franco-Libanais avait sur lui 1,5 million d'euros en espèces, saisis par la douane. Une enquête préliminaire a été ouverte, portant sur des «manquements aux obligations déclaratives» et une «suspicion de blanchiment», confiée au Service national de la douane judiciaire (SNDJ), dépendant de Bercy.

Selon Mediapart, Ziad Takieddine, furieux, avait ainsi menacé de «faire sauter le gouvernement» lors d’une conversation téléphonique avec son ami Thierry Gaubert, un ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy. 

Bientôt entendu par le juge?

D'après Olivier Morice, Ziad Takieddine pourrait être entendu d’ici à quelques mois par le juge d’instruction MarcTrévidic, qui enquête sur l'attentat de 2002 à Karachi qui a fait 15 morts dont 11 salariés de la Direction des constructions navales (DCN) travaillant sur le contrat Agosta de vente de sous-marins au Pakistan.

Les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire enquêtent de leur côté sur d'éventuelles malversations financières en marge des contrats Agosta et Sawari II de vente de frégates à l'Arabie saoudite en 1994. L'homme d'affaires a démenti être intervenu dans le contrat pakistanais mais a reconnu avoir joué un rôle dans le contrat Sawari II.