Hippodrome de Compiègne: Eric Woerth aurait été alerté sur les risques liés à la vente

POLITIQUE L'ancien ministre aurait disposé de plusieurs notes...

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Des députés socialistes ont déposé plainte auprès du tribunal de Compiègne pour demander l'annulation de la vente controversée d'une parcelle de la forêt de Compiègne (Oise), dossier dans lequel l'ex-ministre Eric Woerth est cité, a indiqué jeudi le député Christian Bataille.
Des députés socialistes ont déposé plainte auprès du tribunal de Compiègne pour demander l'annulation de la vente controversée d'une parcelle de la forêt de Compiègne (Oise), dossier dans lequel l'ex-ministre Eric Woerth est cité, a indiqué jeudi le député Christian Bataille. — Julien Barbare AFP/Archives

Le cabinet d'Eric Woerth avait été alerté à plusieurs reprises sur les problèmes juridiques posés par la vente de l'hippodrome de Compiègne et disposait d'estimations bien supérieures au prix auquel le terrain a finalement été cédé, révèle mardi le Canard enchaîné.

Selon l'hebdomadaire satirique, qui cite des documents saisis par les enquêteurs lors d'une perquisition au ministère de l'Economie et des Finances, «d'intenses tractations» ont eu lieu pour la vente de l'hippodrome, auxquelles l'ancien ministre du Budget s'est intéressé «de près».

Différentes notes

L'ancien ministre est soupçonné d'avoir «bradé» en mars 2010 pour 2,5 millions d'euros une parcelle de 57 hectares de la forêt de Compiègne, à la Société des courses de Compiègne. La cession de ces terrains, qui comprennent un golf et un hippodrome, a été effectuée de gré à gré en mars 2010.

Dans une note du 17 novembre 2009 citée par le Canard, le directeur de cabinet du ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire, Pascal Viné, avait signalé à Eric Woerth que la vente était, selon lui, «illégale».

Estimations bien supérieures au prix de vente final

Dans une autre note, datée du 16 mars 2010, l'inspecteur général des Finances Philippe Dumas avait à son tour écrit au ministre pour l'alerter «sur les risques attachés à cette opération».

D'après l'hebdomadaire, le cabinet de Eric Woerth, qui souhaitait établir la valeur de l'hippodrome, disposait par ailleurs d'au moins deux estimations bien supérieures au prix de vente final.

La première, réalisée par un dirigeant de l'Office national des forêts (ONF), Bernard Gamblin, évaluait l'hippodrome à 25 millions d'euros, soit dix fois plus que le prix de vente final. La seconde, réalisée par Philippe Dumas, évaluait ce prix entre 11,4 et 19,9 millions d'euros.

Explication de la différence avec le prix finalement retenu, selon le Canard enchaîné: «les bâtiments, écuries et tribunes ont été écartées par le fonctionnaire, qui a également considéré que le terrain n'était pas vraiment un hippodrome, faute d'un nombre suffisant de réunions hippiques».