«Pas de doutes sur les compétences de DSK, mais son image de présidentiable est écornée» estime Stéphane Rozès

INTERVIEW C'est ce qu’affirme le politologue, président de la société de conseil Cap...

Propos recueillis par Anne-Laëtitia Béraud

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Dominique Strauss-Kahn et son épouse Anne Sinclair arrivent au tribunal pénal de Manhattan à New York, le 6 juin 2011. 
Dominique Strauss-Kahn et son épouse Anne Sinclair arrivent au tribunal pénal de Manhattan à New York, le 6 juin 2011.  — REUTERS/Mike Segar

Après les derniers rebondissements de l’affaire DSK, l’idée d’un retour de l’ancien directeur du Fonds monétaire international dans la course à la primaire du Parti socialiste est, ce lundi, envisagée. Une option qui semble compliquée pour le politologue Stéphane Rozès, interrogé par 20Minutes…

Quelles seraient les conditions du retour de Dominique Strauss-Kahn sur la scène politique française?

Psychologiquement, Dominique Strauss-Kahn pourrait être tenté de revenir. Mais la réelle question est: «Quel est son espace politique?» Et là, on voit par les études d’opinion que son image est écornée. Cela ne concerne pas ses compétences, mais son image de présidentiable. S’il est blanchi des crimes dont on l’accuse, cette histoire se résumera à un moment partagé entre deux adultes consentants. En France, ce type d’affaire a moins d’impact qu’aux Etats-Unis. Mais avec le déchaînement médiatique et les révélations qui ont suivi, tout cela a nui à son image.

Que pourrait faire DSK pour la primaire PS?

Il y a deux grandes options. Dominique Strauss-Kahn pourrait indiquer une préférence pour un candidat, en l’occurrence Martine Aubry. Mais cela serait préjudiciable pour elle, car l’idée d’un accord secret entre les personnalités serait relancée. Deuxième option, DSK se lance dans la primaire socialiste pour laver l’affront et sauver son honneur. Là encore, c’est problématique, car cette élection n’est pas faite pour cela. L’enjeu de la présidentielle n’est pas celui-là. Les Français n’iront pas voter pour un honneur. C’est pourquoi aujourd’hui ils sont partagés, et une relance de la candidature de DSK à la présidentielle est compliquée à imaginer.

Comment analysez-vous les réactions des autres candidats socialistes?

Personne ne s’oppose au retour de DSK dans le jeu politique français. Mais ce retour serait le plus gênant pour Martine Aubry, qui a encore récemment exprimé qu’elle n’était pas une candidate de circonstance à l’élection présidentielle. Ce serait une volte-face pour cette candidate, car il serait compliqué pour elle de se maintenir, nonobstant le calendrier de la primaire.

Les strauss-kahniens sont partagés. D’un côté, ils sont contents pour le sort personnel de DSK mais de l’autre, il y a une gêne sur le plan politique.

Quant à François Hollande et Ségolène Royal, ils se sentent plus ou moins impactés par un éventuel retour. Celui-ci pourrait révéler une allégeance de Martine Aubry à Dominique Strauss-Kahn. C’est pourquoi on a vu François Hollande répéter qu’il est un homme libre, une position suivie par Ségolène Royal.