Fédération PS des Bouches-du-Rhône: Guérini et Montebourg s'expliquent en justice

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Jean-Noël Guérini et Arnaud Montebourg ont rendez-vous lundi devant le tribunal de police de Paris chargé d'examiner la plainte de l'ex-patron du PS marseillais contre le député de Saône-et-Loire, qui dénonce les «dérives» de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône.

L'audience devant cette instance chargée de juger les petites infractions pourrait cependant être reportée. C'est en tout cas la demande adressée au tribunal par l'avocat de Jean-Noël Guérini, Me Patrick Maisonneuve. Mais la défense d'Arnaud Montebourg est opposée au renvoi. Le juge tranchera lundi.

M. Guérini attaque M. Montebourg pour «diffamation non publique», une contravention de cinquième classe passible d'amendes de 1.500 euros maximum et de peines privatives ou restrictives de droit.

Les deux protagonistes socialistes ont prévu d'être présents à l'audience, ont indiqué leurs avocats respectifs.

C'est un cinglant rapport d'Arnaud Montebourg, diffusé début mars par le député PS et portant sur les dysfonctionnements présumés de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, qui a provoqué la contre-attaque de Jean-Noël Guérini.

Dans ces quatre pages à charge, Arnaud Montebourg stigmatisait les pratiques clientélistes et un «système de pression féodal reposant sur l'intimidation et la peur» et réclamait la destitution de Jean-Noël Guérini, en délicatesse depuis la mise en cause de son frère Alexandre dans une affaire touchant à des marchés publics.

Jean-Noël Guérini a vivement répliqué au député de Saône-et-Loire, le qualifiant de «Rastignac» ne cherchant qu'à faire du «tapage» pour assurer sa propre «notoriété». Il a engagé une autre action judiciaire contre Arnaud Montebourg, cette fois pour «diffamation publique», devant le tribunal correctionnel de Paris. Aucune date d'audience n'a encore été fixée.

Quelques semaines après la publication de son rapport, le candidat aux primaires socialistes avait déposé rue de Solférino un dossier «d'offre de preuves» à Martine Aubry qui le lui avait retourné. Alors première secrétaire du PS, Mme Aubry avait affirmé qu'il n'y avait rien dans le rapport Montebourg.

Pour autant, le PS a installé fin mars une commission d'enquête sur le fonctionnement de sa fédération des Bouches-du-Rhône, sur demande de Jean-Noël Guérini. A la même période, M. Guérini, réélu à la tête du département, a cédé les rênes de la fédération.

L'audit de la fédération est aujourd'hui bouclé. Hasard du calendrier, il doit être examiné mardi, au lendemain de l'audience, par la direction nationale du PS.

Autre coïncidence, Alexandre Guérini, frère du président PS du conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini, a été mis en examen vendredi pour «blanchiment» et laissé libre sous contrôle judiciaire dans le cadre d'investigations sur un marché présumé litigieux de photocopieurs.

Remis en liberté en mai après avoir été incarcéré en décembre, Alexandre Guérini a déjà été mis en examen dans le cadre d'autres investigations. Jean-Noël Guérini, qui n'a pas été entendu par la justice, dément tout lien avec les affaires touchant son frère et dénonce des manipulations politiques.