Remaniement: Lagarde verse quelques larmes

C. F. et M. P

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Le ministre de l'Economie, François Baroin, lors d'une conférence de presse le 14 avril 2011 à Bercy, alors qu'il était ministre du Budget.
Le ministre de l'Economie, François Baroin, lors d'une conférence de presse le 14 avril 2011 à Bercy, alors qu'il était ministre du Budget. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Comme de tradition, au lendemain du remaniement, la passation de pouvoir se déroule entre les entrants et les sortants ce jeudi.


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A 13h, François Baroin s'est rendu à Bercy,Christine Lagarde lui a donné les clés du bureau. La future directrice du FMI a rendu hommage à son successeur, «un homme de grande qualité, de grande discrétion, de grande compétence». «J'ai une immense joie de confier les clés de la maison à François, il la trouvera en état de marche», a-t-elle ajouté, en expliquant sa fierté d'avoir été à la tête de ce ministère et en démentant la «contrevérité selon laquelle elle était un petit soldat anodin qui a travaillé aux ordres et qui a fait une loi (sur le crédit à la consommation)».Très émue, Christine Lagarde a versé quelques larmes, avant de passer la parole à François Baroin, «un dur parmi les durs sous sa gueule d'ange».

A son tour, le nouveau ministre de l'Economie a rendu un hommage appuyée à Lagarde, «une collègue exemplaire, une collègue attentive», rappelant qu'ils se connaissent depuis 2005 dans le gouvernement Chirac. «Tu nous as impressionnés, tu nous a bluffés», a-t-il dit. «Ce fut un honneur, une joie, un plaisir, de travailler à tes côtés et un grand privilège de te succéder».

Un peu plus tôt, le nouveau ministre de la Fonction publique, François Sauvadet, élu centriste, a récusé le terme de «prise de guerre» politique, lors de la passation de pouvoir avec son prédécesseur François Baroin à Bercy. Ce dernier avait en effet repris le portefeuille de Georges Tron après sa démission.

«Qu'est-ce que ça veut dire prise centriste? (...) Il ne s'agit pas d'une prise de guerre. J'assume mes responsabilités politiques. C'est tout simplement un engagement», a déclaré François Sauvadet. A ses côtés, François Baroin a souligné que l'attribution à François Sauvadet d'un ministère de plein exercice, et non plus un secrétariat d'Etat, était une «reconnaissance du rôle, de la place de la Fonction publique», qui réunit 5,2 millions d'agents et est le premier employeur du pays.

A 11h, ce sont François Baroin et Valérie Pécresse qui se sont retrouvés pour la passation de pouvoir au ministère du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique.La nouvelle ministre du Budget a promis de «garder le cap» de la maîtrise des finances publiques. Valérie Pécresse a dédié cette passation de pouvoirs aux deux journalistes de France 3, ex-otages en Afghanistan, Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière et aux Français encore retenus en otages à l'étranger.

«La France a pris des engagements très forts au plan international, vis à vis notamment de ses partenaires européens, il faut que ces engagements soient tenus, et ils le seront», a-t-elle souligné, évoquant ses nouvelles fonctions. Auparavant, François Baroin lui avait souhaité «bonne chance», assurant avec des accents gaulliens qu'ils partageaient tous deux «une certaine idée du sens de l'Etat».

A 9h45 ce jeudi matin, ce sont Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse qui ont ouvert le bal. Le premier remplace la seconde à la tête du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. «Je suis fière de ce que les universités font de leur autonomie», a lancé Valérie Pécresse qui a mené cette réforme, selon des propos rapportés par Emmanuel Davidenkoff, le directeur de la rédaction de l'Etudiant, qui live-tweet la cérémonie. L’ex ministre des Affaires européennes, lui, a confié qu’il sera «dans la continuité» du travail réalisé par Valérie Pécresse. «Je vais intensifier l'élan», a-t-il ajouté.

A 18h, Laurent Wauquiez accueillera Jean Leonetti au Quai d'Orsay pour la passation de pouvoir. Pas de passation de pouvoir, en revanche, pour David Douillet, secrétaire d'Etat chargé des Françakis de l'étranger, Claude Greff, secrétaire d'Etat à la Famille et Marc Laffineur, aux Anciens combattants, puisque leurs postes n'étaient pas occupés.