Primaire d'EELV: «Le parti fait preuve de désinvolture et d'amateurisme» dans l'organisation du scrutin

INTERVIEW Sergio Coronado, directeur de campagne d'Eva Joly, se dit inquiet pour la suite...

Propos recueillis par Catherine Fournier

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Sergio Coronado, directeur de campagne d'Eva Joly pour la primaire d'EELV, au Salon du Livre à Paris le 15 mars 2008.
Sergio Coronado, directeur de campagne d'Eva Joly pour la primaire d'EELV, au Salon du Livre à Paris le 15 mars 2008. — BALTEL/SIPA

La primaire d’Europe Ecologie-Les Verts fait parler d’elle, mais pas forcément pour les bonnes raisons. Alors qu’adhérents et «coopérateurs» votent depuis mercredi dernier pour départager les quatre candidats à l’investiture pour la présidentielle 2012, une passe d’armes entre la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) et la direction du parti a eu lieu lundi par médias interposés. En cause, la non déclaration du fichier des votants à la primaire auprès de la Cnil. Un «oubli» réparé à la hâte lundi. Sergio Coronado, directeur de campagne d’Eva Joly, fustige un manque de transparence dans l’organisation de cette pré-élection.

EELV a affirmé lundi que le fichier utilisé pour la primaire n’était que celui du parti, qui n’est pas soumis à déclaration auprès de la Cnil. Confirmez-vous cette déclaration?

Le fichier des «coopérateurs» n’est pas un fichier de parti politique. Les personnes qui adhérent à la coopérative, en payant dix euros, n’adhèrent pas à EELV. L’adhésion au parti est une procédure beaucoup plus encadrée, avec une validation part les conseils politiques régionaux, puisque nous sommes une confédération, et une cotisation à verser tous les ans. Les coopérateurs ont adhéré via Internet, sans même l’obligation de présenter une pièce d’identité.

Elle est malgré tout nécessaire pour le vote…

Oui, mais nous avons pointé le fait que le jour de la clôture de l’inscription pour le vote - le 10 juin -, 8.000 personnes n’avaient toujours pas envoyé de pièce d’identité. Dans ce scrutin, le vote électronique prime sur le vote par voie postale en cas de doublon. Mais sur Internet, on peut donner des coordonnées qui ne sont pas les siennes et un faux mail.

Cécile Duflot assurait lundi sur Twitter que la procédure était plus que respectée et Alexis Braud, en charge de l’organisation de la primaire, précisait à 20Minutes que les login pour voter sur Internet étaient envoyés par courrier, confidentiels et protégés par de l’encre à gratter. N’est-ce pas suffisant?

Mais s’il y a un retour de courrier, prouvant que la personne n’habite pas à l’adresse indiquée, qui s’en occupe? Qui gère ces renvois? Les Français qui habitent à l’étranger, comme moi, n’ont toujours pas reçu le matériel de vote. A chaque fois que l’on pose des questions, on nous répond par des sarcasmes. Mais l’accumulation des dysfonctionnements pose question.

Cela peut-il avoir des conséquences sur l’issue du scrutin? L’équipe d’Eva Joly entend-elle le contester en cas d’échec?

Nous n’avons pas d’inquiétudes sur une fraude éventuelle et nous ne sommes pas dans l’optique d’une contestation. Mais nous exigeons un scrutin transparent et le plus sûr possible. Or, le parti fait preuve de désinvolture et d’amateurisme et cette situation met mal à l’aise. Je crains pour la suite, quel que soit le candidat désigné.