Primaire socialiste: Jean-François Copé met en garde contre des «pressions»

POLITIQUE La majorité appelle à une destruction de fichiers électoraux...

Reuters

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Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, s'exprime durant une réunion publique, le 7 juin 2011 à Marcq-en-Baroeul (Nord).
Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, s'exprime durant une réunion publique, le 7 juin 2011 à Marcq-en-Baroeul (Nord). — P.HUGUEN / AFP

L'UMP passe à l'attaque. La primaire socialiste pose «problème par rapport aux libertés individuelles et publiques», a déclaré lundi le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, qui met en garde contre des «pressions» liées à ce scrutin.

Le ministre de l'Industrie, Eric Besson, et le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Pierre Lellouche, lui ont fait écho en souhaitant une destruction rapide des fichiers électoraux - ce que le PS s'est engagé à faire dans un délai d'un mois auprès de la Commission nationale de l'informatique et libertés (Cnil).

Ouverte à tous les sympathisants de gauche, la primaire destinée à désigner le candidat du Parti socialiste à l'élection présidentielle doit avoir lieu les 9 et 16 octobre.

«Le problème c'est que dans les villes où les primaires vont s'organiser, nous n'avons aucune garantie qu'on n'identifiera pas les personnes qui auront voté et celles qui n'auront pas voté» parmi les fonctionnaires, a dit Jean-François Copé sur RTL, estimant qu'il pourrait y avoir «des pressions derrière».

Question sur les libertés individuelles

«Personne ne peut garantir que cela préservera les libertés individuelles de ceux qui ne seront pas allés voter», a-t-il ajouté.

Pour Pierre Lellouche, les fichiers électoraux constituent «une arme politique non négligeable».

«Plus vite on aura supprimé les listes, mieux le débat démocratique se portera», a-t-il déclaré sur LCI. «Mais qu'ils veulent vérifier la popularité de tel ou tel dans le pays, pourquoi pas».

Eric Besson a lui aussi mis en garde contre le «fichage» des électeurs.

Destruction des listes demandée

«Mettez-vous à la place d'un élu ou d'un militant qui a un fichier et qui a un laps de temps pour le détruire. La tentation d'en faire un petite copie discrètement va être immense, comment ne pas y penser», a-t-il estimé sur RMC/BFM TV.

«C'est ça matériellement, concrètement, qu'il faut regarder: comment faire qu'il n'y ait pas dans nos communes de 'fichage' des électeurs».

Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a souhaité dimanche que le PS lui donne des garanties sur la destruction des listes des votants à la primaire en soulignant les risques d'une infraction à la loi.

«Ce que je demande, pour éviter tout malentendu, toute suspicion, c'est que le Parti socialiste dise très clairement comment il va détruire ses listes, très vite, toute de suite», a-t-il dit lors de l'émission «Dimanche soir Politique» pour I-télé, Le Monde, Dailymotion.