Affaire DSK: Dominique Strauss-Kahn aurait invoqué l'immunité diplomatique lors de son arrestation

JUSTICE C'est ce que dit un rapport qui a été remis jeudi à la justice par les procureurs...

Reuters

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Dominique Strauss-Kahn (au centre), entouré de ses deux avocats, William Taylor (à gauche) et Benjamin Brafman (à droite), lors de son audience devant le tribunal de New York, le 6 juin 2011.
Dominique Strauss-Kahn (au centre), entouré de ses deux avocats, William Taylor (à gauche) et Benjamin Brafman (à droite), lors de son audience devant le tribunal de New York, le 6 juin 2011. — POOL NEW / REUTERS

Beaucoup se sont interrogés sur la question de l'immunité diplomatique de Dominique Strauss-Kahn, lors de son arrestation le 14 mai dernier. DSK a-t-il lui-même un temps pensé se servir de la carte de cette immunité? Selon des documents remis jeudi à la justice par les procureurs, Dominique Strauss-Kahn a brièvement invoqué l'immunité peu de temps après son arrestation à bord d'un vol Air France sur le point de décoller de New York.

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L'ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI), en résidence surveillée à New York, est inculpé de tentative de viol et d'agression sexuelle sur une femme de ménage le 14 mai dernier à l'hôtel Sofitel de New York. Il plaide non coupable. Sa prochaine comparution en audience préliminaire a été fixée au 18 juillet prochain.

Les documents remis jeudi au juge fédéral Michael Obus et à ses avocats sont un compte rendu détaillé des événements intervenus le samedi 14 mai et des circonstances de son arrestation.

Selon ce récit, l'ex-ministre socialiste aurait demandé «de quoi s'agit-il ?» aux policiers venus l'arrêter à bord de l'avion d'Air France sur le tarmac de l'aéroport international John F. Kennedy.

Informé qu'il était question d'«un incident dans un hôtel de la ville», Dominique Strauss-Kahn aurait gardé le silence puis aurait dit, un quart d'heure plus tard, qu'il avait l'immunité diplomatique et qu'il souhaitait s'entretenir avec un représentant du consulat de France.

L'ancien directeur général du FMI, qui a démissionné quelques jours après son arrestation, ne bénéficiait pas d'une immunité totale mais les statuts du FMI lui garantissaient une immunité limitée aux actes effectués dans le cadre de ses fonctions officielles. Ce week-end-là, a précisé le FMI, il était en visite privée à New York.

«Mon avocat m'a dit de ne pas parler»

Toujours selon le compte rendu diffusé par les procureurs, Dominique Strauss-Kahn se serait plaint que ses menottes étaient serrées lors de son transfert vers la Manhattan Special Victims Unit, l'unité spéciale de la police new-yorkaise chargée des crimes sexuels.

Dans la soirée, à 21h00, il demande à appeler son avocat avant de demander aux policiers s'il a besoin d'un avocat. Un inspecteur lui répond qu'il a droit à un avocat mais dit en revanche ignorer s'il bénéficie d'une immunité diplomatique.

«Non, non, non, je ne vais pas essayer de me servir de cela», lui dit alors Dominique Strauss-Kahn.

A 22h55, on lui demande s'il souhaite s'expliquer sur l'incident. «Mon avocat m'a dit de ne pas parler. J'étais prêt à parler», répond-il. Le compte rendu s'arrête le dimanche 15 mai à 21h50.

L'acte consenti, ligne de défense probable

Les procureurs ont signalé qu'ils entendaient fournir aux avocats de Dominique Strauss-Kahn des rapports scientifiques et médico-légaux ainsi que des photographies et des enregistrements.

A l'issue de l'audience du 6 juin, son avocat, Benjamin Brafman, a esquissé ce que serait sans doute sa ligne de défense: démontrer que la relation sexuelle a été consentie.

S'il est reconnu coupable des chefs d'inculpation de tentative de viol, agression sexuelle au premier degré, attouchements non consentis, emprisonnement illégal au second degré et agression sexuelle au troisième degré, il risque jusqu'à 25 ans de prison.