Code de la nationalité: «L'important est de situer les valeurs de la République», estime Jean-Paul Garraud

INTERVIEW C'est ce qu'affirme le député UMP de Gironde, membre du collectif de La Droite populaire, qui fait partie de la mission parlementaire sur le droit de la nationalité...

Propos recueillis par Anne-Laëtitia Béraud

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Jean-Paul Garraud, deputé UMP de Gironde, dans son bureau à l'Assemblée nationale, à Paris, le 4 mai 2010.
Jean-Paul Garraud, deputé UMP de Gironde, dans son bureau à l'Assemblée nationale, à Paris, le 4 mai 2010. — JOBARD/SIPA/

Non-automaticité de l’acquisition de la nationalité française grâce au mariage, rétablissement de la manifestation expresse de la volonté d’être Français… La mission parlementaire sur le droit de la nationalité, constituée en octobre dernier, est au centre des débats avec les dernières déclarations du ministre de l’Intérieur Claude Guéant.

Constituée de députés de la majorité et de l’opposition, cette mission est présidée par le socialiste Manuel Valls -qui vient de se déclarer candidat à la primaire socialiste-, l’UMP Claude Goasguen étant son rapporteur. C’est d’ailleurs lui qui rendra, d’ici une quinzaine de jours, les conclusions de cette mission.

20Minutes donne la parole au député UMP de la Gironde, Jean-Paul Garraud, pour expliquer la démarche de la mission…

Quelle est la «philosophie» de la mission sur le droit de la nationalité?

La question de la nationalité est sur le devant de la scène depuis plusieurs mois, avec de multiples déclarations, dont celles du ministre de l’Intérieur Claude Guéant. Il y a eu par exemple, même si cela est plus périphérique, le débat sur le voile intégral. Tout cela pour dire que la nationalité est au centre des débats, car elle est liée à une vision de la société.

Tous, nous sommes totalement d’accord pour accueillir en France des personnes qui partagent nos valeurs. Mais l’important est de situer ces valeurs de la République. Et le législateur doit aider à les définir. C’est cet esprit qui anime la mission parlementaire.

Le sujet de la nationalité est sensible, et souvent repris par le Front national. Qu’en pensez-vous?

Le sujet est très sensible, et souvent caricaturé, diabolisé. Le Front national, effectivement, investit souvent ce terrain. C’est pourquoi il est important de prendre nos responsabilités, de dire ce qui est possible ou pas, de pointer là où il y a des abus. La question de la nationalité est liée à la définition de la Nation, de l’unité de la Nation, ce qui est important pour un gaulliste comme moi. Ce n’est, par exemple, pas le communautarisme.

Et sur la non-automaticité de l’obtention de la nationalité française?

Sur le point de l’acquisition de la nationalité, il y a deux conceptions: il y a celle, notamment française, qui consacre le droit du sol, et celle allemande privilégiant le droit du sang. Aujourd’hui, nous avons besoin de trouver un système qui aille mieux que l’une ou l’autre conception rigide, parfois source d’injustices. Prenez l’Outre-Mer, et notamment Mayotte où des femmes y viennent pour y accoucher. La situation ne va pas. Il va falloir donc mêler un peu des deux conceptions pour cette acquisition de la nationalité dans le futur, ainsi que privilégier le fait de vouloir devenir Français.

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