Nathalie Kosciusko-Morizet publie son «front antinational»

Anne-Laëtitia Béraud

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Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l'Ecologie répond aux questions des journalistes dans la cour de l'Elysée, le 16 mars 2011.
Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l'Ecologie répond aux questions des journalistes dans la cour de l'Elysée, le 16 mars 2011. — E. FEFERBERG / AFP

Le résultat des élections cantonales de mars dernier a provoqué un électrochoc à l’UMP. Le parti de la majorité, souvent devancé par le Front national, a perdu plusieurs cantons et a consacré le retour du FN dans les urnes.

Il n’en fallait pas plus pour que Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l’Ecologie et maire de Longjumeau (Essonne) prenne la plume. Ce jeudi sort son nouveau livre aux éditions du Moment, intitulé «Le Front antinational». Le but de cet opus? Critiquer point par point le parti présidé par Marine Le Pen, son idéologie, ses personnalités, ainsi que ses «propositions irréalisables».

Après une analyse de la défaite de mars, «NKM» s’attache à critiquer Marine Le Pen, fille de Jean-Marie et présidente du FN, qui a bénéficié d’une large couverture médiatique grâce au «sensationnel et la provocation», le «feuilleton dynastique», le sentiment de «changement», et parce qu’elle est une femme, analyse la ministre.

Personnalités aux «lourds passés»

«Son ambition est d’autant plus redoutable qu’elle avance masquée», affirme NKM, avantagée ici par son discours «moderne» et «l’adaptation au temps présent de son idéologie d’extrême-droite».

Les origines et l’histoire du parti sont ensuite dressées, ses liens avec le groupuscule Ordre nouveau, des anciens collaborateurs et de l’OAS, pour former un «rassemblement un peu hétéroclite» à «l’idéologie sommaire».

Le cercle des proches est également détaillé, le père Jean-Marie, son compagnon et vice-président du FN Louis Aliot, mais aussi sa sœur Yann et son beau-frère Philippe Olivier, tous à d’importants postes du parti. Des personnalités, «dont le passé est le plus chargé» gravitent aussi auprès de la présidente, comme les anciens responsables du GUD Philippe Péninque et Frédéric Chatillon.

Gestion de terrain «calamiteuse»

Après les personnalités, la ministre dresse les parcours de quelques élus de terrain, qui ont rencontré plusieurs succès, notamment dans le sud de la France, mais qui «montrent tous l’échec du FN à conserver les municipalités remportées». La raison? «Leur incompétence et leur gestion calamiteuse».

S’ensuit une descente en règle du programme du FN, dont «l’alpha et l’oméga restent la préférence nationale», la dénonciation de «l’invasion d’immigrés», les «chiffres incohérents» dans le domaine social… L’isolationnisme du parti - qui souhaite notamment «la sortie de la France de l’Union européenne et de la zone euro»- est également critiqué, et «signifierait rien moins que la ruine de notre pays», estime NKM.

Taclant au passage le Parti socialiste, soupçonné de favoriser le FN, la ministre de l’Ecologie conclut sa démonstration par un bilan – positif – de la présidence de Nicolas Sarkozy, tant dans le domaine économique que pour sa politique envers l’immigration. Et de finir sur ces quelques phrases: «La peur, le ressentiment peuvent faire un parti. Pas un avenir».

Le front antinational de Nathalie Kosciusko-Morizet, éditions du Moment, 9,95 euros.