Immigration: Bayrou accuse Guéant de donner des chiffres «grossièrement faux»

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Le président du MoDem, François Bayrou, a une nouvelle fois accusé Claude Guéant d'avancer des chiffres «rigoureusement» et «grossièrement faux» sur l'échec scolaire des enfants d'immigrés, après avoir reçu un courrier du ministre lui assurant qu'ils étaient «exacts».

Le ministre de l'Intérieur avait provoqué un tollé en assurant, le 22 mai sur Europe 1 que «les deux tiers des échecs scolaires, c'est l'échec d'enfants d'immigrés». Il avait persisté trois jours plus tard à l'Assemblée nationale en affirmant que selon «les chiffres de l'Insee», «il y a deux tiers des enfants d'immigrés qui se trouvent sortir de l'appareil scolaire sans diplôme».

«Le taux d’échec attribué aux enfants d'immigrés s'établit à 10,7%»

François Bayrou, qui avait qualifié ces chiffres de «grossièrement faux», s'était attiré fin mai une réponse par courrier du ministre de l'Intérieur lui assurant qu'ils étaient «rigoureusement exacts, même s'ils ne sont pas plaisants à entendre».

«Les deux chiffres avancés sont aussi grossièrement erronés l'un que l'autre», écrit le président du MoDem au ministre, dans un courrier transmis ce mardi à l'AFP.

Partant du chiffre de «12% d'enfants de familles immigrées à l'école (parents nés à l'étranger de nationalité étrangère)», François Bayrou cite ensuite le «rapport de l'Insee sur lequel vous vous appuyez» et qui «indique que le taux d'échec attribué aux enfants d'immigrés s'établit à 10,7% contre 6,1% pour les autres».

«Volonté consciente ou inconsciente de noircir le tableau»

En appliquant «la règle de trois», on trouve que les enfants d'immigrés représentent environ 20% des élèves en échec, quelque 80% étant des enfants de familles de nationalité française, ajoute l'ancien ministre de l'Education nationale.

De plus, selon François Bayrou, «si l'on étudie les élèves issus de familles immigrées et non immigrées de même niveau social et économique, on découvre qu'il n'y a pas de différence dans les taux d'échec, et même que les enfants immigrés réussissent légèrement mieux que les enfants de famille de nationalité française».

«Vos chiffres sont donc grossièrement faux, et résultent de telles erreurs de statistiques qu'ils ne peuvent provenir que d'une volonté consciente ou inconsciente de noircir le tableau de l'immigration afin d'en faire un sujet d'exaspération supplémentaire pour la société française», insiste le président du MoDem.