Europe Ecologie-Les Verts: Cohn-Bendit un pied dedans, un pied dehors

POLITIQUE L'eurodéputé dit vouloir prendre du champ...

Maud Pierron

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Cohn-Bendit, lui, a mis un peu en sourdine ses critiques. L'eurodéputé, sans qui EE n'aurait jamais existé, était toutefois loin d'être enthousiaste.
Cohn-Bendit, lui, a mis un peu en sourdine ses critiques. L'eurodéputé, sans qui EE n'aurait jamais existé, était toutefois loin d'être enthousiaste. — Philippe Desmazes AFP

Daniel Cohn-Bendit n’ira pas au congrès d’Europe Ecologie-Les Verts qui se tient ce week-end à La Rochelle. C’est la conséquence de la bataille interne qu’il a menée contre Cécile Duflot et qui s’est soldée par une sévère défaite: 27% pour sa motion contre 50% pour l’ex-responsable verte. «Mon investissement dans la politique nationale avec Europe-Ecologie est terminé», a-t-il martelé à l’issue du vote,  expliquant qu’EELV n’avait plus besoin de lui et qu’il serait désormais un simple «coopérateur».

Bref, Dany remâchait sa rancœur, laissant penser qu’il allait, cette fois pour de bon, s’éloigner du mouvement qu’il a participé à fonder et dont il n’approuve pas le mode le développement trop calqué sur celui des Verts. «Ce n’est pas le moment de se passer de Dany et réciproquement», s’inquiétait même Nicolas Hulot. Mais dans un mail adressé mardi aux adhérents et publié par rue89 mercredi, «Dany» a tenu à rassurer: «A celles et ceux qui se croiraient soudainement “abandonnés”, je réponds qu'ils se trompent. C'est me méconnaître», écrit-il, promettant «par la suite» de participer au «rassemblement unitaire» et aux «combats internes entre visions différentes».

«Le catalyseur»

«Dany ne fait pas une Jospin. Il arrête tout ce qui relève de l’interne, mais il continuera à donner des coups de mains, notamment pour la présidentielle», explique l’un de ses proches, François de Rugy,  le député EELV de la Loire-Atlantique. « S’il ne veut pas jouer faussement la déclaration d’amour à La Rochelle, il ne veut pas non plus verser dans la déclaration fracassante et préfère rester au calme», justifie le député.  Pour Jean-Marc Brûlé, autre pilier de la motion «DCB», Cohn-Bendit «doit» être à La Rochelle. «Les adhérents l’aiment beaucoup, il faut qu’il soit là dans ce moment de rassemblement», enjoint le secrétaire national aux élections.

«On a besoin de lui pour continuer à faire bouger les lignes», insiste-t-il encore, notamment pour prôner «l’ouverture» qui est «la clé» du développement d’Europe Ecologie-Les Verts.  Ce serait de toute façon inimaginable que «le catalyseur» de l’aventure écolo, «responsable de deux succès électoraux majeurs» du mouvement soit poussé vers la sortie, lâche François de Rugy.  Sa «liberté de parole n’est pas toujours facile à gérer» mais elle a permis au mouvement de «s’élargir». C’est même «sa force» note  Jean-Marc Brûlé, il faut donc en accepter «la spontanéité». Comprendre ses coups de gueules répétés, ses agacements, ses revirements.

«Lassant»

Toutefois, Cohn-Bendit sera «moins en première ligne» à l’avenir, concède de Rugy. «Il a un pied en France, un en Allemagne, il est député européen, il a dit qu’il ne se représenterait pas». «Mais il touche des gens qu’aucun d’entre nous, aussi talentueux que nous soyons, ne pouvons toucher. Son spectre politique est très large», assure-t-il.

«Lassant», répètent en chœur des Verts historiques fâchés des critiques permanentes du député européen à leur encontre et qui rappellent qu’à l’issue de l’université d’été des Verts en août dernier ; il avait annoncé qu’il prenait du champ… avant de mettre les mains dans la tambouille interne en présentant une motion.