Séjour en Tunisie: Gérard Longuet ne veut pas démissionner

POLÉMIQUE l avait été hébergé aux frais du régime de Ben Ali en 2006...

Avec Reuters

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Gérard Longuet (UMP) a jugé mardi que l'arrêt des commissions sur des ventes d'armes au Pakistan était "un règlement de comptes" de Jacques Chirac contre Edouard Balladur après la présidentielle de 1995, voyant des "rebonds" de cette histoire dans le conflit Sarkozy-Villepin.
Gérard Longuet (UMP) a jugé mardi que l'arrêt des commissions sur des ventes d'armes au Pakistan était "un règlement de comptes" de Jacques Chirac contre Edouard Balladur après la présidentielle de 1995, voyant des "rebonds" de cette histoire dans le conflit Sarkozy-Villepin. — Eric Piermont afp.com

Gérard Longuet ne veut pas céder. Mis en cause pour un séjour en Tunisie tout frais payés par le régime de Ben Ali en 2006, le ministre de la Défense a exclu ce mardi toute démission, se disant toutefois prêt à rembourser. L'information a été révélée par le magazine Les Inrockuptibles et confirmée à l’AFP par un responsable de l'Office national du tourisme tunisien (ONTT).

Une affaire semblable avait entraîné la démission de la ministre des Affaires Michèle Alliot-Marie à la fin de l'année dernière. Prié par des journalistes de dire s'il envisageait une démission, Gérard Longuet a répondu en marge de la présentation du futur ministère français de la Défense : «Je ne connais pas la situation de Michèle Alliot-Marie, je connais la mienne, quand j'ai une facture je la paye. Votre question n'a pas de sens

Gérard Longuet, alors élu au Sénat et conseiller de Nicolas Sarkozy à la direction de l'UMP, a expliqué qu'il s'était rendu en août 2006 avec un ami à bord d'un voilier dans un port tunisien, où il avait fourni son nom et avait été reconnu. Par la suite, il s'était rendu dans un hôtel pour y passer la nuit. Là, il dit avoir accepté l'invitation à déjeuner d'un responsable de l'office du tourisme tunisien qui voulait, selon le ministre français, parler de voile. Le reste résulterait d'un malentendu avec son ami français.

L’ami en question est le journaliste Jean-Marc Sylvestre

«On était deux, l'autre a pensé que c'était moi qui avait payé, moi j'ai pensé que c'était lui. Si on m'envoie une facture, je la paye de bon coeur. Deux cents euros, je ne vais pas passer la journée là-dessus», a expliqué Gérard Longuet. Il a expliqué avoir passé deux nuits dans cet hôtel. Selon les Inrockuptibles, il s'agit d'un hôtel cinq étoiles de la banlieue de Tunis et l'ami de Gérard Longuet est le journaliste économique Jean-Marc Sylvestre, dont le séjour a également été pris en charge par les autorités tunisiennes.

Après près d'un quart de siècle au pouvoir, Zine ben Ali a fui la Tunisie le 14 janvier,  à la suite d’une révolte populaire. Ce mouvement a inspiré des mouvements de contestation analogues dans le monde arabe et ouvert un débat en France sur l'appui des partis de gouvernement à l'ancien régime tunisien.