Ministres débarqués après des polémiques: «On est vraisemblement du côté des records»

POLITIQUE Le nombre de membres du gouvernement qui quittent le navire après des affaires n’en finit plus de grimper...

Julien Ménielle

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 Georges Tron, l'ex-secrétaire d'Etat à la Fonction publique, lors d'une cérémonie au ministère du Travail le 23 mars 2010 à Paris. 
Georges Tron, l'ex-secrétaire d'Etat à la Fonction publique, lors d'une cérémonie au ministère du Travail le 23 mars 2010 à Paris.  — Thibault Camus/AP/SIPA

Une épidémie. En un an, cinq ministres ont quitté le gouvernement après avoir été au centre de différentes affaires. Dernier en date: Georges Tron, accusé d’agressions sexuelles par des ex-employées de sa mairie de Draveil, a démissionné dimanche. Une cascade de débarquements qui pourrait finir par faire mauvais genre au pays de la République irréprochable.

«On est vraisemblement du côté des records», relève le politologue Paul Bacot. Car avant Georges Tron, Michèle Alliot-Marie avait rendu son tablier fin février après des vacances polémiques en Tunisie. Et avant la ministre des Affaires étrangères, c’est Eric Woerth qui avait payé de sa place son implication dans l’affaire Bettencourt.

«Très vite on lâche, on recule»

L’affaire Woerth était différente, «car elle était politique, et le ministre devait également gérer une grande réforme, celle des retraites», note cependant Paul Bacot. Cette fois, Georges Tron, prise de guerre au clan Villepin, est une «personnalité peu connue du grand public», ajoute Frédéric Dabi, directeur du département opinion publique de l'Ifop.

Deux raisons qui expliquent que le secrétaire d’Etat à la Fonction publique n’a pas été retenu. Dans ce gouvernement, «très vite on lâche, on recule», rappelle Paul Bacot. En juillet, Alain Joyandet, épinglé pour un déplacement en jet privé et un permis de construire avait aussi été «lâché», en même temps que Christian Blanc, et ses trop chers cigares achetés aux frais des contribuables. Une frilosité renforcée à l’approche de la présidentielle de 2012.

Enrichissement personnel

Pourtant, «ce genre d’affaires a un impact très limité sur l’opinion publique», assure Frédéric Dabi. «La défiance des Français vis-à-vis des politiques se base davantage sur une évaluation concrète de leurs résultats», indique le sondeur. Cependant, les cas relevant de l’enrichissement personnel ont mauvaise presse, reconnaît-il, et si d’autres affaires éclataient, l’«impression de système» pourrait être dommageable à l’image du gouvernement.

Patrick Ollier, compagnon de Michèle Alliot-Marie, a finalement conservé sa place après avoir annoncé qu’il quitterait le gouvernement si cette dernière était évincée. Et Paul Bacot rappelle que «le cas de Christine Lagarde reste aujourd’hui en suspens». Visée par une enquête pour «abus d’autorité» dans l’affaire Tapie contre le Crédit Lyonnais, la ministre de l’Economie pourrait d’ailleurs bientôt quitter le navire pour remplacer Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI.