Démission de Georges Tron: Marine Le Pen n'est «qu'à demi satisfaite», «cette affaire de plus est l'affaire de trop» pour le PCF

RÉACTIONS ombre d'entre eux estiment que la décision du secrétaire d’Etat n'est pas une «surprise»...

© 2011 AFP

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Le secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Georges Tron, arrive à l'hôtel Matignon, le 5 mai 2011.
Le secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Georges Tron, arrive à l'hôtel Matignon, le 5 mai 2011. — CHESNOT/SIPA

Elle est «à demi satisfaite». Marine Le Pen, présidente du FN, a réagi à la démission de Georges Tron ce dimanche. Elle a cepedant répété qu'elle souhaitait également la démission de Tron de son mandat de maire. La démission de Georges Tron, ce dimanche, fait réagir à droite comme à gauche. Premier à réagir sur Canal+, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé a ainsi estimé que le secrétaire d'Etat «a pris la bonne décision»

Pour Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, «la démission de Georges Tron est logique. La justice doit suivre son cours en toute indépendance et le sexisme être combattu avec la plus grande fermeté. Cette affaire de plus est l'affaire de trop!» «Nicolas Sarkozy porte une responsabilité première dans le climat qui pourrit la vie politique. Il forme depuis 4 ans des gouvernements de copains en nommant des ministres davantage pour leur docilité et leurs accointances que pour leurs compétences et leur éthique. La droite, pour sa défense, renvoie au PS le compliment sur DSK. Tout cela est détestable», estime-t-il dans un communiqué.

«Réveil douloureux pour les féministes»

De son côté, Eva Joly, candidate à la primaire d'Europe Ecologie-Les Verts pour la présidentielle, a déclaré à l'AFP qu'«il est bien normal qu'il ne puisse pas continuer à exercer sa fonction avec cette suspicion. On a bien vu les relents machistes avec l'affaire DSK. C'est un réveil douloureux pour les féministes, qui pensaient que cette époque était révolue».

Dominique Paillé, vice-président du Parti radical de Jean-Louis Borloo, estime que cette démission «n'est pas une surprise et je dois dire que c'est une décision sage, elle va permettre à Georges Tron de préparer sa défense». «Cette affaire-là, quels qu'en soient les fondements, polluait l'action gouvernementale (...) Une sortie dans ces conditions-là, ça n'est jamais très bon, mais il vaut mieux une sortie rapide qu'un pourrissement d'une situation qui, lui, aurait été totalement préjudiciable à l'action gouvernementale», a-t-il fait savoir sur LCI.

Que des «mauvaises solutions»

André Vallini, député PS de l'Isère, spécialiste des questions de justice, a déclaré à RTL qu'«on ne doit jamais se réjouir du malheur des autres, mais je pense que c'était la seule bonne solution pour le gouvernement et pour Georges Tron lui-même, même si bien sûr, de son point de vue, cette démission va à l'encontre de la présomption d'innocence».

«Dans ce genre d'affaires il n'y a que de mauvaises solutions. Soit le ministre incriminé démissionne et ça peut être la fin de son action politique, de sa réputation, même si son innocence est reconnue plus tard... Soit il se maintient à son poste en arguant de la présomption d'innocence mais c'est au détriment de son action ministérielle et de l'action du gouvernement».

«Le métier politique devient un métier très dangereux (...) On peut être accusé à tout moment de beaucoup de choses, être innocent et être malgré tout forcé de démissionner parce que la pression médiatique est devenue terrible», a-t-il ajouté dans une déclaration à LCI.

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