Le directeur du FMI Dominique Strauss-Kahn au tribunal de juridiction criminelle de Manhattan, lorsqu'on lui signifie les charges d'accusation d'agression sexuelle et de tentative de viol, le 16 mai 2011 à New York.
Le directeur du FMI Dominique Strauss-Kahn au tribunal de juridiction criminelle de Manhattan, lorsqu'on lui signifie les charges d'accusation d'agression sexuelle et de tentative de viol, le 16 mai 2011 à New York. — E. Dunand/Pool/Sipa Press

ENQUÊTE

Affaire DSK: Une demande de remise en liberté provisoire examinée jeudi... Le point sur la situation de Strauss-Kahn

es témoignages accablants se multiplient, l'avocat de la femme de ménage assure que la relation n'était pas consentie...

Dernière info (23h45): Une nouvelle demande de remise en liberté provisoire sera examinée jeudi

La tenue de cette audience a été confirmée à Reuters par le porte-parole du bureau du procureur du district de Manhattan, Erin Duggan. Ses avocats proposent une caution d'un million de dollars et une mise en résidence surveillée 24h/24 à Manhattan, avec contrôle électronique.

Quelle défense pour Dominique Strauss-Kahn?
Mystère. Du moins officiellement, les deux avocats américains n’ont pas voulu dévoiler leurs intentions. Pour l’instant, on sait que DSK plaide non coupable et conteste les accusations. On sait également que les avocats vont formuler séparément une nouvelle demande de remise en liberté vendredi, lors du Grand jury. Mais d’après les médias américains, dont le New York Post, les avocats du socialiste affirmeraient qu’il y a bien eu rapport sexuel, mais qu’il a été «consenti». Une ligne immédiatement démentie par Jeff Shapiro, l’avocat de la femme de chambre, qui a déclaré sur ABC: «Quand les jurés vont entendre son témoignage et la voir, quand elle pourra enfin raconter son histoire publiquement», ils verront que «leurs allégations faisant état d'une relation sexuelle consentie ou de rendez-vous sont fausses». «Il n'y a rien de consenti dans ce qui s'est passé dans cette chambre d'hôtel», a-t-il insisté.

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Quelles nouvelles sur la femme de chambre?
D’après des médias américains, la femme de chambre et sa fille habiteraient dans un immeuble réservé pour des personnes atteintes par le Sida ou le VIH. Toujours d’après le New York Post, le bail de l’appartement n’est pas au nom de la victime présumée mais d’une association qui loue des appartements pour les personnes atteintes de VIH ou du Sida. Normalement, seuls des adultes malades –et non des enfants– peuvent bénéficier de ces appartements. Reste qu’en raison du secret médical, il est impossible de savoir si la femme de chambre est atteinte ou non. Mais d’après les envoyés spéciaux du Parisien, «la victime présumée loge dans un immeuble du Bronx où seuls certains logements seraient loués par l'intermédiaire de l'association Harlem United à des personnes atteintes du VIH. La femme de ménage du Sofitel n'occupe pas un appartement réservé aux malades, d'après des voisins».

Quels nouveaux éléments factuels?
Selon Le Figaro de jeudi, un employé de l'hôtel (room service) se trouvait dans la chambre au moment où la femme de ménage est entrée –ce qui expliquerait pourquoi elle n'a pas frappé. Le premier employé serait ensuite parti et dit qu'il ignorait que DSK se trouvait dans la salle de bain.

D’après Fox News, des traces de spermes et de sang ont été retrouvées dans la chambre 2806. Des éléments qui pourraient être à charge pour le patron du FMI. Ce sont peut-être les preuves évoquées par le procureur lundi qui accableraient Dominique Strauss-Kahn. On sait aussi -élément révélé par Le Figaro- qu’une photo de DSK avait été affichée par la direction de l’hôtel dans le vestiaire des femmes de chambre. Une initiative normale quand une personnalité importante loge à l’hôtel. Pourtant, d’après le frère de la femme de chambre, la plaignante ne savait pas du tout qui était celui qu’elle accusait. C’est lui qui lui a révélé son identité. On attend également beaucoup de l’analyse de la clé électronique, sous forme de carte, qui enregistre toutes les heures des allées et venues et l’heure. Cela permettrait de savoir à quelle heure la femme de chambre est entrée dans la chambre, à quelle heure elle en est sortie, combien de temps les deux parties sont restées dans la chambre, etc. Un rôle «déterminant», pour le New York Times

Quel sort pour Dominique Strauss-Kahn?
Détenu à Rikers Island, Dominique Strauss-Kahn est dans une cellule individuelle. Il fait l’objet d’une surveillance particulière pour prévenir des suicides. Concrètement, ses lacets lui ont été retirés et tous les quarts d’heure, un surveillant vérifie qu’il va bien. Cette mesure a été prise après un examen psychologique. Si mardi il a reçu la visite de ses avocats, mercredi, il pourrait avoir reçu la visite de son épouse, Anne Sinclair, arrivée lundi à New York, rapporte Le Monde daté de jeudi.

Des témoignages accablants
Outre le témoignage de Tristane Banon, cette journaliste et écrivain français qui accuse DSK de l’avoir agressé sexuellement en 2002 et qui envisage de porter plainte, The Australian a rapporté le témoignage d’une journaliste à qui DSK aurait promis une interview contre des faveurs sexuelles. «Si tu sors avec moi tu pourras avoir ton interview. Il voulait venir à mon travail mais j'ai raccroché», a-t-elle témoigné. Deux ans après son refus, DSK est revenu à la charge. Contre une interview, elle devait «aller passer le week-end avec lui à Paris ou ailleurs, raconte-t-elle. Il était incroyablement insistant… Il a presque dit explicitement que je devais coucher avec lui pour avoir une interview.»
Une «affaire» rapportée par Cassandre, auteure anonyme de DSK, les secrets d’un présidentiable paru l’an dernier, rapporte qu’au Mexique, DSK aurait agressé sexuellement une femme de chambre. Une affirmation non-étayée.

La femme de ménage n'occupe pas un appartement réservé aux malades du sida.  D'après un blog du Nouvel Observateur, son avocat a déclaré que «Mme Diallo n'habite pas ce type d'appartement. Il s'agit de rumeurs ineptes de toute façon, puisque ce n'est pas l'état de santé de ma cliente qui a amené Dominique Strauss-Kahn en prison», a-t-il poursuivi.