Affaire DSK: Dominique Strauss-Kahn en détention provisoire, l'onde de choc secoue la France et le monde

JUSTICE Le patron du FMI passera la nuit en prison en attendant une nouvelle comparution, vendredi...

Avec Reuters

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Dominique Strauss-Kahn lors de son audience préliminaire, le 16 mai 2011 à New York.
Dominique Strauss-Kahn lors de son audience préliminaire, le 16 mai 2011 à New York. — S.STAPLETON/REUTERS

Dominique Strauss-Kahn passera la nuit dans la prison de Riker's Island, à New York. Lundi, la juge new-yorkaise Melissa Jackson a refusé sa libération contre une caution d'un million de dollars, invoquant un risque de fuite, et ordonné son placement en détention provisoire.

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Il y restera jusqu'à la prochaine audience, fixée à vendredi, devant un «grand jury» populaire qui devra décider si les preuves présentées par le ministère public, notamment des tests ADN dont les résultats ne sont pas encore connus, sont suffisantes pour justifier la tenue d'un procès, qui se tiendrait alors dans les prochains mois. Alors que son épouse Anne Sinclair est arrivée lundi à New York et que les avocats du patron du FMI jurent que la bataille «ne fait que commencer», les répercussions de ce coup de tonnerre sont encore dures à mesurer.

Le PS sous le choc

En France, le Parti socialiste est sous le choc après avoir vu le favori des sondages pour l'élection présidentielle de 2012 descendre brutalement de son Olympe dans des images d'une «cruauté insoutenable», selon l'un de ses proches, Manuel Valls. Ses amis veulent espérer qu'il sera innocenté malgré l'ampleur inégalée du scandale dans l'Histoire française récente, encore grossi par la médiatisation de l'affaire. «Avec ses proches, nous ne pouvons pas croire à sa culpabilité et il sera bientôt au milieu de nous», a dit l'un des ses principaux lieutenants, Jean-Christophe Cambadélis.

Le premier secrétaire Martine Aubry présidera mardi un Bureau national pour tenter de rassembler des troupes éprouvées et éloigner le spectre d'une guerre des ego dans son camp. Elle a répété que le calendrier des primaires restait inchangé, avec des responsables socialistes qui doivent déposer entre le 28 juin et le 13 juillet leurs candidatures pour des primaires prévues en octobre. Dans un sondage réalisé pour le Parisien après l'annonce de l'inculpation du directeur du FBI pour agression sexuelle, François Hollande arriverait en tête, avec ou sans DSK.

Tirs à droite

Nathalie Kosciusko-Morizet a balayé les théories du coup monté, estimant que cela faisait partie de «la culture française» de crier au complot. Elle dit faire «pleinement confiance à la justice américaine».

Bernard Debré, lui, a attaqué le comportement de Dominique Strauss-Kahn, déclarant sur l'Express.fr que le dirigeant français s'était livré à de nombreuses reprises «à ce genre d'agissements» dans ce même hôtel où «il descendait toujours». «Ça s'est produit plusieurs fois et depuis plusieurs années. Tout le monde le savait dans l'hôtel», a affirmé le député UMP de Paris L'hôtel Sofitel a démenti, dénonçant «des allégations sans fondement.»

Le FMI et l'Europe dans la tourmente

S'il est difficile à ce stade de prédire qui profitera de cette affaire sur la scène nationale française, la cause paraît en revanche entendue sur le front international.

La France va, sauf surprise, perdre la direction du FMI, dont les instances se sont réunies lundi, précisant simplement dans un communiqué «suivre la situation».

Or, Nicolas Sarkozy misait sur le soutien actif du FMI et de son directeur général pour faire avancer ses propositions en matière de gouvernance économique internationale et de régulation de la finance mondiale sous la présidence française du G8 et du G20, et ainsi conforter sa stature présidentielle.

En Europe, l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn a eu un impact immédiat, puisqu'il était absent lundi des négociations des ministres des Finances de la zone euro, qui est loin d'en avoir fini avec la crise de la dette.

Si elle ne devrait rien changer concernant les situations portugaise et irlandaise, l'absence de Dominique Strauss-Kahn pourrait se faire sentir dans les discussions en cours sur la mise en place d'un nouveau plan de soutien à la Grèce.