DSK inculpé pour agression sexuelle: Présumé innocent, mais déjà condamné hors micro

POLITIQUE A gauche comme à droite, si on rappelle le principe de présomption d'innocence, on a déjà enterré le socialiste...

Alexandre Sulzer
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Dominique Strauss-kahn, lors du sommet du G20 le 5 novembre 2010.
Dominique Strauss-kahn, lors du sommet du G20 le 5 novembre 2010. — AFP

«Comme un coup de tonnerre.» Pour exprimer sa stupéfaction face aux accusations portées contre DSK, la première secrétaire du PS, Martine Aubry, a repris les termes de Lionel Jospin le soir du 21 avril 2002. Lorqu’il apprenait qu’il ne serait pas président de la République. Comme un symbole.

Un candidat de moins à la primaire?

La quasi-totalité de la classe politique a beau rappeler ce dimanche le principe de la présomption d’innocence, hors micro, les langues se délient déjà. Et ne donnent pas cher des chances de DSK de se maintenir dans la course.

«Il y a deux options: soit c’est une énorme manip’ et il en ressort blanchi. Soit il a une part de responsabilité et c’est fini pour lui, glisse un responsable PS pro-Aubry. Et le sentiment qui règne rue de Solférino, c’est qu’il n’y a pas de manip’...» «Car, poursuit ce socialiste, je n’ai pas été surpris par les accusations. On le savait très friand de femmes, obsessionnel même... Cela dit, cette affaire n’est pas bonne pour la gauche, c’est une évidence.»

«Un arrangement au sein de l’appareil»

«Ce n’est pas une mauvaise nouvelle, c’est une bonne journée pour nous, confirme anonymement un ténor de l’UMP. C’est quelque chose qui l’a d’ores et déjà éliminé, quoi qu’il arrive maintenant.» «S’il est coupable, je vois mal comment il pourrait rester candidat aux primaires», analyse Rémi Lefebvre, professeur de sciences politiques et bon connaisseur des arcanes du PS.

«Dans cette option, poursuit Rémi Lefebvre, les cartes seraient complètement rebattues. Laurent Fabius pourrait être tenté de se lancer dans la course, ainsi que Manuel Valls ou Pierre Moscovici. Et je vois mal comment Martine Aubry pourrait se dérober. Comme François Hollande n’écrase pas ses adversaires, on aurait alors des primaires beaucoup plus concurrentielles que prévu. A moins que Martine Aubry parvienne, face à l’ampleur de la crise, à trouver un arrangement au sein de l’appareil.» Et il y a urgence car cette affaire «décrédibilise» l’ensemble du parti. L’orage n’est pas près de finir.