Jean-François Copé : «un service civique obligatoire pour tous les jeunes entre 18 et 25 ans»

EXCLUSIF Le secrétaire général de l'UMP nous livre ses propositions pour la jeunesse dans la perspective de la campagne de 2012...

Propos recueillis par Alexandre Sulzer
— 
Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, lors d'une conférence de presse, le 30 mars 2011.
Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, lors d'une conférence de presse, le 30 mars 2011. — WITT/SIPA

 Le club politique de Jean-François Copé, Génération France, tient mardi 17 mai une convention sur les jeunes. Le secrétaire général a d'ores et déjà des propositions qu'il souhaiterait voir intégrer le programme de l'UMP à la présidentielle. Il nous les livre en exclusivité.

Quelles propositions allez-vous formuler?

Tout d’abord, je propose un service civique obligatoire de 4 mois pour tous les jeunes entre 18 et 25 ans. L’objectif est que chaque jeune s’engage pour les autres et pour son pays. Il se ferait en deux parties. Un tronc commun de 15 jours - temps de mixité sociale – dédié à la citoyenneté et au cours duquel chaque jeune définirait son projet personnel. Le service proprement dit suivrait. Il s’agirait de missions de service public. Les jeunes seraient rémunérés 350€ par mois.

Combien cela coûterait? Comment le financez-vous?

Notre chiffrage se situe entre 1,8 et 2 milliards d’euros, sans compter le logement. On peut imaginer le financer en prenant une partie du budget de  la formation continue (30 milliards d’euros).

Le service civique obligatoire avait déjà été proposé par Nicolas Sarkozy lors de la dernière campagne…

J’ai toujours pensé que c’était une bonne idée et je crois qu’il est important pour notre pays que chacun puisse se demander ce qu’il peut faire pour les autres.

Un service civique facultatif a déjà été instauré par MartinHirsch. Il n’est pas suffisant?

C’est une première étape mais l’objectif de mixité sociale et d’effectif n’a pas été atteint. Seuls 10.000 jeunes par an le font. Sur une classe d’âge de 800.000 personnes, c’est trop peu. Par ailleurs, pour encourager les jeunes à l’engagement, je propose d’abaisser à 16 ans l’âge de la majorité associative. Aujourd’hui, un mineur peut faire partie d’une association mais ne peut y exercer des responsabilités. Alors qu’il peut créer une entreprise!

Vous voulez renforcer le lien entre monde éducatif et monde du travail.

On a formaté toute une classe d’âge à travers le collège unique. On peut, peut-être,  y mettre quelque souplesse. Aujourd’hui, si un élève quitte l’enseignement général, on considère, à tort, qu’il est mis dans une voie de garage. Je propose donc des classes «métiers-études» sur le modèle des «sport-études» pour permettre aux jeunes à partir de 14 ans qui le souhaitent d’axer une partie de leur enseignement sur le monde professionnel, la découverte des métiers manuels.L’initiation aux métiers se ferait en milieu scolaire et pas en entreprise. Les élèves concernés pourraient évidemment intégrer l’enseignement supérieur à l’issue de leur formation.

Mais les sport-études concernent de futurs champions, une élite…

C’est exactement l’objectif des classes métiers-études qui concerneraient les jeunes qui pourraient s’épanouir autrement que simplement dans l’enseignement général. Lequel fonctionne pour eux comme une broyeuse infernale.