L'affaire DSK peut-elle être un coup monté de toutes pièces?

POLITIQUE De nombreux internautes et hommes politiques restent sceptiques sur l'arrestation du patron du Fonds monétaire international...

Julie Rasplus

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Des policiers à l'oeuvre devant l'hôtel où aurait eu lieu l'agression sexuelle pour laquelle Dominique Strauss-Kahn a été inculpé. A New York, le 15 mai 2011.
Des policiers à l'oeuvre devant l'hôtel où aurait eu lieu l'agression sexuelle pour laquelle Dominique Strauss-Kahn a été inculpé. A New York, le 15 mai 2011. — John Minchillo/AP/SIPA

A-t-on tendu un piège à Dominique Strauss-Kahn? Quelques heures après que la nouvelle ait été divulguée par le New York Post, la stupéfaction a laissé place au scepticisme chez certains politiques. Sur les réseaux sociaux, notamment Twitter, les internautes s’en donnent à cœur joie sur le #bistougate, se questionnant sur la crédibilité de l’affaire.

Parmi les questions soulevées: pourquoi la femme de chambre n’a pas frappé à la porte? Comment, en visant de telles fonctions, se laisser aller de la sorte? La perplexité est de mise sur le net, mais pas seulement: le groupe Accor a annoncé dimanche après-midi qu’il ouvrait une enquête sur la femme de ménage à l’origine de la plainte.

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L’ombre de la droite?

Sur Le Post, plusieurs internautes s’interrogent sur les premières personnes qui ont dévoilé l’information sur Twitter. Selon eux, la situation est plus qu’étrange. En effet, c’est Jonathan Pinet, un jeune militant UMP, qui aurait été le premier à sortir l’information sur le site de micro-blogging, bien avant qu’elle soit rendue publique par le New York Post.

Le militant UMP a en effet twitté à 17h (heure locale): «Un pote aux Etats-Unis vient de me rapporter que #DSK aurait été arrêté dans un hôtel à NYC il y a une heure». En fait, seulement 19 minutes après l’arrestation de DSK dans l’avion d’Air France.

Autre détail troublant selon les internautes, Jonathan Pinet fait état d’une arrestation à l’hôtel Sofitel. Le New York Post rapportera que le lieu de l’arrestation est bien l’avion d’Air France. Jonathan Pinet a ironisé sur Le Postsur ces interrogations.

Doutes autour d’Arnaud Dassier

Enfin, le premier à relayer cette information du militant n’est autre qu’Arnaud Dassier, l’ ancien directeur de la campagne web de Nicolas Sarkozy en 2007… et l’homme accusé vendredi dans Le Monde, par le conseiller communication de DSK, Ramzi Khiroun, d’avoir manigancé l’affaire du Porschegate.

Ce qu’il n’a pas tardé à rappeler sur Twitter: «Moi faut pas m’emmerder sinon je disperse façon puzzle #dsk #complot #Porsche #bistougate #primaires #PS #politique».

Les politiques sceptiques

Samedi, Jean-Marie Le Guen, proche de DSK, avait lui aussi exprimé ses doutes concernant l’affaire de la Porsche, évoquant une campagne de déstabilisation manigancée par l’Elysée pour jeter le discrédit sur le probable candidat à la primaire socialiste.

La théorie a également trouvé de l’écho chez certains politiques de droite. Ainsi Dominique Paillé, vice-président du Parti radical et ancien porte-parole de l’UMP, estime que DSK a très bien pu «être tombé sur une peau de banane qu’on lui aurait mise sous la chaussure».

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Même son de cloche du côté de Christine Boutin sur lepoint.fr. La présidente du parti Chrétien-démocrate lui a apporté un soutien inattendu. «Ça me semble tellement énorme cette affaire! On sait qu'il est assez vigoureux, si je puis m'exprimer ainsi, mais qu'il se fasse prendre comme ça me semble ahurissant donc je pense qu'il est tombé dans un piège.» Quant à l’origine de cette manipulation: «ça peut venir du FMI, ça peut venir de la droite française, ça peut venir de la gauche française…»

De son côté, DSK a nié tout en bloc. Son avocat a prévenu qu’il plaiderait non coupable.

Et vous, qu’en pensez-vous? Réalité ou complot? Dites-le-nous dans les commentaires ci-dessous.