Affaire DSK: Une «bonne nouvelle» ou «un coup de tonnerre»?

RÉACTIONS droite comme à gauche, la classe politique sous le choc commente la nouvelle...

J. R. avec Reuters

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Christine Boutin, le 7 janvier 2011 à Paris.
Christine Boutin, le 7 janvier 2011 à Paris. — BALTEL/SIPA

Ils ont tous leur avis sur la question. Quelques heures seulement après avoir appris la nouvelle, de nombreux politiques se sont exprimés sur l’inculpation de DSK pour «agression sexuelle» et «tentative de viol». Avec  une inquiétude commune: les dégâts politiques et personnels de l’affaire.

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DSK, 62 ans, figurait au nombre des prétendants probables à la primaire socialiste qui se déroulera en octobre. Selon les sondages, il était considéré comme la meilleure chance des socialistes face au président sortant Nicolas Sarkozy. Au sein même de son camp, certains estiment désormais que ce scénario est compromis même si les proches du directeur général du Fonds monétaire international soulignent que cette affaire ne lui ressemble pas. 20Minutes fait le point sur les réactions.

A gauche, stupéfaction et prudence

Martine Aubry: Un «coup de tonnerre»
La première secrétaire du PS, qui a passé un pacte avec DSK concernant la candidature pour 2012, a elle évoqué «un coup de tonnerre», expression pour le moment évitée par les autres politiques. Elle s’est dit «stupéfaite» mais a appeler la gauche à rester «unie et responsable».

Ségolène Royal: «Tout reste à vérifier»
La candidate à la primaire du PS a, elle, appelé à la prudence et au respect de la présomption d'innocence face à «une nouvelle bouleversante à propos de laquelle tout reste à vérifier». «Je pense qu'il serait indécent d'en faire un feuilleton toute la journée, toute la semaine», a-t-elle ajouté sur Europe1.

François Hollande: «Une terrible nouvelle»
Invité sur Canal+, le candidat à la primaire socialiste a appelé à la «retenue» après cette «terrible nouvelle», précisant qu'il pensait «à sa famille, à ses proches, à ses amis, aux socialistes qui apprennent cet événement sans le comprendre et en le mesurant, et puis aussi aux Français».

Jean-Luc Mélenchon: «Consterné»
Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de gauche, s'est déclaré «consterné» après l'inculpation de Dominique Strauss-Kahn aux Etats-Unis. Il appelle à ne «pas juger avant de savoir».

Jean-Noël Guérini: Très surpris
Le président PS du Conseil général des Bouches-du-Rhônes a tenu à rappeler «que le respect de la présomption d’innocence, dans cette affaire comme pour toute affaire judiciaire, est pour moi une règle d’or». «Les faits rapportés me surprennent beaucoup et ne correspondent pas à ce que je connais de Dominique Strauss-Kahn. Face à cette épreuve, je pense à ses proches et j’appelle les socialistes à l’unité et au rassemblement, qui sont plus que jamais, indispensables pour affronter les batailles politiques à venir».

Les soutiens de DSK ne veulent pas y croire

Pierre Moscovoci: «Ca ne [lui] ressemble pas»
«Cette nouvelle est un choc qui nous bouleverse. Je pense qu’il faut faire preuve de retenue, de prudence et de décence», a déclaré le député à l’AFP, qui attend «sa version des faits».

Jean-Marie Le Guen: Un comportement qui ne lui «appartient pas»
«Nous n’avons pas entendu la version de Dominique Strauss-Kahn, nous savons qu’il plaide non-coupable. En tout état de cause ce type de comportement n’appartient absolument pas de près ou de loin à la culture de Dominique Strauss-Kahn», a assuré ce proche de DSK. Samedi, il l’avait déjà défendu, estimant qu’il était la cible d’attaques orchestrées par l’Elysée.  

Jean-Christophe Cambadélis: Accusé à tort?
Sur son blog, ce proche de DSK a refusé de «tirer des conclusions». «Je me souviens encore trop de l’affaire Patrice Alègre ou, dans un autre registre, de celle de l’espionnage de Renault où des innocents ont été accusés à tort», a-t-il fait savoir.

La droite particulièrement virulente

La présidence de la République s’est refusée pour le moment à toute réaction sur le sujet. Seuls membres du gouvernement à s’exprimer : François Baroin et Pierre Lellouche, qui ont tous deux rappelé qu'il fallait «accorder à Dominique Strauss-Kahn la présomption d'innocence».

Dominique Paillé: Une nouvelle «hallucinante»
L’ancien porte-parole adjoint de l'UMP et vice-président du Parti radical a rapidement réagi à la nouvelle «hallucinante».  «Je ne vois pas comment le Parti socialiste pourrait ne pas auprès de Dominique Strauss-Kahn déployer les arguments nécessaires - et là ils sont faciles à déployer - pour veiller à ce qu'il ne se porte pas candidat à la candidature», a-t-il dit.

Marine Le Pen: «Un coup d’arrêt» mais «une bonne nouvelle»
La présidente du Front National a été l’une des plus virulentes sur le sujet. Elle a estimé sur BFMTV que la candidature du patron du FMI «venait d'enregistrer aujourd'hui un coup d'arrêt d'autant que la parole va se libérer et démontrer que DSK a semble-t-il un comportement depuis de nombreuses années connu de tous, caché par tous parce que c'est un petit peu le système en France». «S'il est avéré qu'il est coupable (...) c'est une bonne nouvelle pour la France», a ajouté Marine Le Pen.

Bernard Debré: «Un homme peu recommandable»
«C'est humilier la France que d'avoir un homme qui soit comme lui, qui se vautre dans le sexe, et ça se sait depuis fort longtemps», a dénoncé le député UMP de Paris sur Europe1. «Ça va coûter cher à la classe politique française», a-t-il jugé, évoquant «un homme peu recommandable».

Christine Boutin: «le piège était tendu mais il ne fallait pas tomber dedans»
La président du Parti chrétien-démocrate «pense que vraisemblablement on a tendu un piège à Dominique Strauss-Kahn et qu'il y est tombé». «Le piège était tendu mais il ne fallait pas tomber dedans», a estimé l'ancienne ministre, supposant que «ça peut venir du FMI, ça peut venir de la droite française, ça peut venir de la gauche française... Ça me semble tellement énorme cette affaire ! On sait qu'il est assez vigoureux, si je puis m'exprimer ainsi, mais qu'il se fasse prendre comme ça me semble ahurissant donc je pense qu'il est tombé dans un piège.»

D'autres réactions se sont également fait entendre. Sur LCI, Jacques Attali a estimé qu'il était «difficile d'imaginer qu'il puisse être totalement blanchi rapidement, je pense que malheureusement sa candidature (aux primaires) est très peu probable. Tout est toujours possible même une manipulation mais je crains que ça mette du temps» avant de connaître «la vérité».

Bernard Tapie a lui déclaré penser plutôt à «l'homme» qu'à «l'homme politique» et a rappelé qu'aux Etats-Unis, vu les faits reprochés, s'ils sont avérés, on parle «de prison pour plusieurs années».

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