RSA: Le débat fait rage au sein de la majorité ce jeudi

RÉACTIONS algré le recadrage de Nicolas Sarkozy la veille...

Catherine Fournier, avec Reuters

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Gérard Larcher, président du Sénat, sur RTL le 12 mai 2011.
Gérard Larcher, président du Sénat, sur RTL le 12 mai 2011. — 20 MINUTES

La polémique n’est toujours pas éteinte. Le rappel à l’ordre du chef de l’Etat mercredi - qui aurait même failli aller plus loin - n'empêche pas le débat autour des propos de Laurent Wauquiez sur le RSA et les minima sociaux  de se poursuivre ce jeudi au sein de la majorité. D’autant que le ministre des Affaires européennes ne s’est pas dédit ce jeudi matin, affirmant dans Le Progrès que beaucoup de Français pensaient tout bas ce qui lui avait osé dire tout haut.

Une ligne de fracture se dessine donc toujours à droite entre ceux qui partagent plus ou moins l’avis de Laurent Wauquiez et ceux qui s’insurgent contre ces propos.

Gérard Larcher appartient à la deuxième catégorie. «Les chiffres sont têtus, Laurent Wauquiez a tort, il y a aujourd'hui un différentiel d'au moins 40% entre celui qui est contraint au RSA et celui qui a un salaire minimum», a  déclaré le président du Sénat sur RTL, défendant «une des réformes majeures du candidat et un outil de solidarité». A un an de l'élection présidentielle, «et au moment où le débat va être entre justice sociale et efficacité économique, je considère que c'est l'un des outils de la justice sociale», a-t-il ajouté.

Jégo évoque la «lepénisation des esprits»

Alors qu’il a annoncé son départ de l’UMP pour «construire une force nouvelle avec Jean-Louis Borloo, l'ancien secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, Yves Jégo, a pour sa part estimé sur Europe 1 que Laurent Wauquiez cédait aux thèses du Front national par des propos qui démontrent une dangereuse «lepénisation des esprits».

Bruno Le Maire, est plus partagé. S’il estime que «le cancer de la société, c'est d'abord le chômage, les difficultés d'accès à l'emploi des jeunes», il a indiqué sur France Inter rejoindre Laurent Wauquiez sur un point: «Il y a un certain nombre de détails, de dysfonctionnements, qui méritent d'être corrigés, pas pour torpiller le RSA mais pour le rendre plus efficace, plus juste et permettre à ceux qui en disposent d'arriver plus rapidement à l'emploi.» Le ministre de l'Agriculture est actuellement chargé de plancher sur le projet de Nicolas Sarkozy pour 2012.

Hortefeux et Copé soutiennent l’initiative de Wauquiez

L’ancien ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, a quant à lui affirmé souscrire aux «messages» envoyés par son ancien collègue. «Il n'y a pas de sujets tabous, de débats interdits», a estimé le désormais conseiller spécial de Nicolas Sarkozy. «Premier message, c'est que l'on ne doit pas, dans notre pays, percevoir davantage de revenus des prestations et de la redistribution sociales que de revenus du travail et, le deuxième message, très fort et justifié, c'est la nécessité impérieuse de lutter contre les fraudes, a-t-il souligné. Ces deux convictions, je les partage.» «Il y a 800 millions de fraude, cela n'est pas justifié. Pourquoi? Parce que la fraude c'est du vol», a-t-il asséné.

Restant sur la même ligne que les jours précédents, Jean-François Copé a une nouvelle fois regretté la polémique, mettant en avant son rôle de rassembleur au sein du parti. «Je préfère que quand quelqu'un lance une idée, on ne lui tombe pas dessus à chaque fois», a-t-estimé sur Canal +. «En ce qui concerne le gouvernement et le rôle que doit jouer chaque ministre, c'est au président de la République de dire. Il l'a fait très fermement et très clairement hier.»