Polémique sur le RSA: Roselyne Bachelot met les points sur les I à Wauquiez

POLITIQUE La polémique continue au sein de la majorité ce mercredi...

Catherine Fournier
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Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités, sur BFM TV et RMC le 11 mai 2011.
Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités, sur BFM TV et RMC le 11 mai 2011. — 20 MINUTES

La polémique n’est toujours pas retombée. Quatre jours après les déclarations de Laurent Wauquiez sur le RSA et les minima sociaux, qualifiant l’assistanat du «cancer de la société française», un vent de contestation souffle au sein de la majorité. Première sur la ligne, Roselyne Bachelot. Après avoir recadré une première fois son collègue, la ministre des Solidarités repart à l’attaque ce mardi matin, chiffres à l’appui.

«Un couple avec un enfant au RSA touche 1.067 euros. Un couple avec un enfant qui a un revenu au Smic, 1.607 euros», a-t-elle déclaré sur BFM TV et RMC, en réponse à l’idée de plafonner à 75% du Smic le cumul de tous les minima sociaux. Des chiffres confirmés à 20Minutes par Alice Brassens, responsable du programme RSA et politiques territoriales d'insertion à l’Agence nouvelle des solidarités actives.

Droits connexes

Et selon Roselyne Bachelot, «même si on ajoute quelques droits connexes, tout ça ne va pas creuser ces chiffres de manière substantielle». Laurent Wauquiez s’est en effet justifié mardi en affirmant qu’il ne remettait pas en cause le RSA seul mais aussi les droits connexes (réductions sur la cantine, les transports…) auxquels ont droit les bénéficiaires des minima sociaux.

Quant à la proposition de contraindre à cinq heures hebdomadaires de service social les personnes qui perçoivent RSA – et qui ne travaillent pas –, elle est jugée non «acceptable sur le plan juridique et infaisable sur le plan opérationnel», par la ministre des Solidarités. Cette dernière rappelle que 1,2 million de personnes sont concernées et que cela coûterait très cher aux collectivités. 

Contrainte à ce démenti au sein de son propre gouvernement, qu’elle juge toutefois pédagogique, Roselyne Bachelot rappelle à Laurent Wauquiez (Affaires européennes) qu’il «n'est pas le ministre en charge du dossier. Peut-être n'a-t-il pas assez creusé ses chiffres?»

Devedjian et Daubresse aussi

«Si on veut qu'une équipe gouvernementale marche, je crois qu'il vaut mieux courir» dans le même sens, ajoute-t-elle. «Un pays comme le nôtre, on doit au contraire être fier des systèmes de filet social qu'il a installés. On ne va pas s'excuser d'avoir apporté une aide aux plus démunis d'entre nous!»

Interrogé par i-Télé ce mardi matin, Patrick Devedjian, a lui aussi douté de l’opportunité de lancer un tel débat en plein bilan des quatre ans de mandat de Nicolas Sarkozy. Sur la même chaîne, Marc-Philippe Daubresse, secrétaire général général adjoint de l’UMP, considère au contraire que le débat est nécessaire, mais que Laurent Wauquiez apporte les mauvaises réponses à de vraies questions.

Quant au père du RSA et ancien haut commissaire aux solidarités actives, Martin Hirsch, il a répété sur RTL ce mardi matin son opposition aux propositions de Laurent Wauquiez, qualifiant son discours d’ «opportuniste» et d’ «électoraliste».