Royal appelle à revendiquer le drapeau tricolore et se réclame de Mitterrand

POLITIQUE La socialiste a tenu un quasi-meeting de campagne dimanche à Paris...

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Ségolène Royal, le 8 mai 2011, salle des Blancs-manteaux à Paris, lors d'une Université populaire de son mouvement Désirs d'avenir.
Ségolène Royal, le 8 mai 2011, salle des Blancs-manteaux à Paris, lors d'une Université populaire de son mouvement Désirs d'avenir. — J.DEMARTHON / AFP

A deux jours des commémorations des trente ans de la victoire de François Mitterrand à la présidentielle, Ségolène Royal a mis ses pas dans ceux de la figure socialistes. Elle a renoué dimanche avec son discours républicain de 2007 en invitant les Français à s'emparer des couleurs du drapeau eta cherché à s'inscrire dans la lignée de François Mitterrand devant plusieurs proches ou ex-ministres de l'ancien président.

Sur le papier, il s'agissait pour cette université populaire d'évoquer les enseignements politiques de François Mitterrand, deux jours avant le 30e anniversaire du 10 mai 1981. Mais dans la salle surchauffée des Blancs-Manteaux (IVe arrondissement), le discours de la candidate à la primaire socialiste avait tous les airs d'un meeting de campagne des plus offensifs.

La présidente de la région Poitou-Charentes, arrivée sous les applaudissements avec la chanson de Barbara «Regarde» écrite pour célébrer l'élection de François Mitterrand à l'Elysée, a d'abord renoué avec un thème de sa campagne de 2007: les valeurs républicaines.

«Ce drapeau, c'est aussi le vôtre, soyez en fiers!»

Elle a demandé de s'emparer des couleurs bleu-blanc-rouge, car «elles appartiennent à tous», et le Front national ne doit pas s'en attribuer «le monopole». Les «promesses» de «liberté, égalité, fraternité», ce sont «trois valeurs, trois couleurs dont vous vous êtes emparés et vous avez bien fait», a-t-elle encore dit, devant au moins 900 participants selon les organisateurs, dont certains brandissaient des fanions tricolores ou rouges.

Aux «jeunes des quartiers populaires» ou issus de l'immigration, elle a assuré: «ce drapeau, c'est aussi le vôtre, soyez en fiers!» du haut d'une estrade derrière laquelle étaient hissés trois triangles représentant le drapeau français. En mars 2007, Ségolène Royal avait suscité la critique en affirmant que, si elle était élue présidente, elle ferait en sorte qu'il y ait un drapeau dans toutes les familles.

Vêtue d'une chemise à rayures bleues et blanches, elle s'est ensuite employée à citer quelques-unes des «leçons» à retenir de Mitterrand, parmi lesquelles: «répondre à l'espoir», avoir de la «fidélité à des valeurs», l'«amour de la France», «avoir de la tenue», du «courage»... Avant d'embrayer sur 2012: «dans un an, nous devons renouer avec la victoire de la gauche!»

«Le vrai successeur de Mitterrand s'appelle Ségolène»

Dénonçant «le chômage de masse», «la précarisation généralisée», les «citoyens qui prennent des coups», elle a réclamé que se «mette en mouvement» partout en France une «force citoyenne», de sorte que 2012 permette de «changer d'époque», sous les ovations de ses supporteurs scandant «Ségolène, présidente!».

Exemple de cette «force citoyenne», elle a notamment lancé, aux jeunes victimes de discriminations et qu'on ne veut pas embaucher: «regroupez-vous et créez vous-mêmes votre petite entreprise».«Le vrai successeur de François Mitterrand s'appelle Ségolène Royal», a déclaré l'homme d'affaires et mécène Pierre Bergé, venu s'exprimer à la tribune.

Il faut «faire pousser de nouvelles branches sur l'arbre de la démocratie, dans le droit fil de la victoire de François Mitterrand (...) que nous fêtons aujourd'hui, et c'est tout naturel, autour de Ségolène Royal», a dit Charles Fiterman, un des ministres communistes du gouvernement Mauroy (1981-84). «Elle a été parfaite: proche des gens, beaucoup plus social que Dominique Strauss-Kahn», a témoigné à l'AFP Jacqueline, 75 ans, venue de Biarritz. «Le bleu blanc rouge? J'adhère, ce sont les valeurs de tous les Français», a affirmé une Parisienne de 21 ans, membre du PS.