Présidentielle 2012: DSK ou le facteur X de l'élection à gauche

POLITIQUE De nombreux candidats à gauche se déclarent par rapport à la candidature ou la non candidature du patron du FMI...

Maud Pierron

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  — C. MUSCHI / REUTERS

Ira, ira pas? La pression monte autour de la plus en plus probable candidature de Dominique Strauss-Kahn. Ses soutiens, à l’assemblée comme au Sénat, s’agitent. Mais si l’homme de Washington n’a pas encore dit ses intentions vis-à-vis de 2012, de nombreux autres candidats, déclarés ou potentiels, se déterminent par rapport a ses velléités. La preuve par l’exemple:

Martine Aubry
Evidemment, c’est la première concernée par l’éventuelle déclaration de DSK. Son ambition sera, si les termes du pacte de Marrakech sont respectés, conditionnée à celle du patron du FMI. «Nous déciderons ensemble lequel de nous deux est le mieux placé», répète régulièrement à la presse Martine Aubry. Et ce ne sera pas avant fin juin, car la première secrétaire veut se conformer au calendrier qu’elle a elle-même fait voter. «Ils n’iront pas l’un contre l’autre», répètent leurs proches. Pour l’instant, Aubry semble avoir perdu la main face à un DSK roi des sondages.

François Hollande
Il se présente comme un anti-DSK. Pas sur le plan des idées, puisque les deux hommes occupent le même créneau du réformisme, mais sur le plan de la personnalité. Hollande met en valeur son enracinement corrézien quand DSK apparaît comme un candidat hors sol. Il multiplie les déplacements de terrain pour, dit-il,  mieux connaître les aspirations des Français et brosse DSK en candidat déconnecté des réalités. Et s’il assène que la France a besoin d’un président «normal», c’est autant contre Nicolas Sarkozy que contre DSK. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les piques les plus virulentes entre socialistes ont été échangées entre strauss-kahniens et «hollandais». 

Manuel Valls
«Je ne suis pas candidat en fonction des autres candidatures, je ne renoncerai pas en fonction d'autres candidatures», assurait à 20 Minutes  le député-maire d’Evry en août dernier. Mais plus l’échéance des primaires approches et moins celui qui a été le premier à se déclarer se conduit en candidat à la candidature.  Il a rallié le panache strauss-kahnien à la fin de l’hiver 2011. Il souhaite que DSK «soit candidat parce que nous avons besoin de sa vision, de sa personnalité, de ses propositions», explique-t-il partout. Si Strauss-Kahn revient, il se retirera. Et conseille aux autres impétrants socialistes d’en faire autant.

Benoît Hamon
Il n’est pas loin de franchir le pas, à en croire ses proches. Du moins, si Martine Aubry renonce pour laisse place libre à Dominique Strauss-Kahn. L’aile gauche du PS, qui a soutenu Martine Aubry – tout comme les strauss-kahniens - pour prendre le PS à Reims, se désole de ne pas la voir saisir sa chance. Et se prépare donc sérieusement à envoyer son leader, Benoît Hamon, au charbon. 

Pierre Moscovici
Ex-lieutenant préféré de DSK, il porte lui aussi le réformisme au sein de son courant Besoin de gauche. Et pour lui, c’est clair: si DSK ne porte pas le flambeau de la sociale-démocratie, alors, il ira, a-t-il répété de longs mois durant. Comme le suspense autour de la candidature de DSK est de plus en plus cousu de fil blanc, le député évoque de moins en moins cette possibilité et prépare l’atterrissage de son champion.

Jean-Pierre Chevènement
Le président d’honneur du MRC s’est lancé dans la course mercredi. Pour «le bien» des socialistes et «pour faire bouger les lignes», a-t-il expliqué à Europe 1. Et contre DSK surtout, qu’il voit déjà candidat. «Sa vision de l’Europe me paraît irréaliste», assène-t-il. Il s’est également interrogé sur «sa conception économique telle qu'on la voit se manifester à travers des plans d'ajustement extrêmement sévères». 

Jean-Luc Mélenchon
Il l’a dit et redit, il compte peser sur la primaire socialiste en empêchant la désignation de Dominique Strauss-Kahn, qu’il présente comme un «affameur du peuple». Si c’est lui le champion du PS, alors la gauche «va au désastre» et ne pourra pas se rassembler au second tour, assure-t-il. D’où des critiques très dures sur Dominique Strauss-Kahn et des propos bien plus conciliants sur Martine Aubry, qu’il préfèrerait voir endosser le dossard du candidat PS à la présidentielle 2012.