Nicolas Sarkozy: «Nous devons nous poser la question de l'immigration légale»

IMMIGRATION Le chef de l'Etat rejoint son ministre de l'Intérieur dans un entretien à paraître mercredi dans «l'Express»...

C.C. avec Reuters
— 
Thibault Camus/AP/SIPA

La question de l'immigration légale en France doit être posée, a indiqué Nicolas Sarkozy dans l’Express à paraître mercredi, donnant raison à son ministre de l'Intérieur Claude Guéant, qui a évoqué récemment la possibilité d'une baisse de celle-ci.

«Avec nos difficultés à fournir un travail à tous nos nationaux, et un chômage à 23% pour les étrangers non communautaires, nous devons nous poser la question de l'immigration légale: c'est du bon sens», déclare-t-il. Le chef de l'Etat fait valoir que la population active augmente de 110.000 personnes par an en France, «c'est-à-dire qu'avant de faire reculer le chômage d'une unité, il faut avoir déjà créé 110.000 emplois!». «Je ne dirais pas la même chose si je dirigeais l'Allemagne, où il y a 100.000 actifs de moins par an», ajoute-t-il dans l'interview.

«Accepter tout le monde, comme le disent les socialistes, non»

«Je n'ai jamais été pour l'immigration zéro, car les civilisations s'effondrent par la consanguinité et non par le melting pot. Mais nous devons adapter l'immigration économique à ces réalités et faire en sorte que notre formation professionnelle réponde aux besoins de notre économie», dit-il encore.

«Avec les perspectives démocratiques en Afrique du Nord, nous devons être prêts à former des étudiants, accueillir des hommes d'affaires; mais accepter tout le monde, comme le disent les socialistes français, non, c'est tout l'équilibre de notre système social qui serait mis en cause. Ces pays ont besoin de leurs élites pour se développer», illustre ainsi Nicolas Sarkozy.

«La question de la suspension provisoire de Schengen doit être posée»

Le chef de l’Etat appelle d'autre part une nouvelle fois à la réforme des accords de Shengen sur la libre circulation des personnes dans les pays européens qui les ont ratifiés, «aujourd'hui en bout de course». «Qui gère Schengen à Bruxelles? Personne. Qui évalue Schengen aux frontières? Personne. Qui évalue les bonnes pratiques dans Schengen? Personne», déclare-t-il.

Il indique que la France fera des propositions sur le sujet lors du conseil européen de juin à la lumière des tensions qui l'ont opposée récemment à l'Italie à propos de l'afflux de réfugiés tunisiens. «Si un pays européen ne peut garder ses frontières, la question de la suspension provisoire de Schengen doit être posée sans tabou», indique le président de la République.

Dans ce nouvel extrait d’interview publié par l’Express sur son site Internet, Nicolas Sarkozy réaffirme encore son opposition à l’intégration de la Turquie au sein de l’Union européenne, «un contresens historique et géographique», et sa volonté de privilégier les Balkans: «Ne laissons pas un Etat en partie musulman seul au coeur de l'Europe».