François Hollande ne veut pas traîner

PRÉSIDENTIELLE e candidat aux primaires prononce un grand discours mercredi soir. Avec la volonté de donner du souffle à son message...

Matthieu Goar

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François Hollande, le 1er avril, en déplacement à Boulogne-sur-Mer.
François Hollande, le 1er avril, en déplacement à Boulogne-sur-Mer. — P. HUGUEN / AFP

Sans se retourner sur les critiques qui l’accusent de lancer les hostilités trop vite, François Hollande avance. «Je suis même le seul à faire campagne. Mais il faut qu’il y ait du rythme, moi j’aime ça», fait-il remarquer à quelques heures de son premier grand meeting en tant que candidat déclaré aux primaires. Au coude-à-coude avec Martine Aubry dans les sondages (20% pour la première secrétaire, 21% pour l’ancien patron du PS dans le dernier sondage Ifop pour Paris Match), François Hollande ne veut pas attendre. Car pendant que Dominique Strauss-Kahn brille en France surtout par son absence, le président du Conseil général de Corrèze veut continuer à s’accaparer les habits du candidat réformiste.

Nouer le dialogue avec la France

Un réformisme détaillé dans son programme qui balance entre volontarisme étatique (réforme de la fiscalité, recruter des instituteurs) et pragmatisme économique (motiver les entreprises par les exonérations fiscales). Un programme qu’il dit lui-même parfaitement compatible avec celui du PS. «Je ne récuse rien du projet du PS , explique le Corrézien qui revendique seulement la liberté de pouvoir le mettre à sa main, de le hiérarchiser.  Ce que j’apporte en plus, c’est d’abord un thème principal : la réussite des jeunes. Ensuite un ordre de priorité : éducation, logement, justice fiscale. Et j’y ajoute mes instruments : contrat de génération, nouvel acte de décentralisation, engagement pour la mobilité des jeunes. »

Il présentera donc ce «Rêve français », mercredi soir, à Clichy-la-Garenne, sur la scène du théâtre Rutebeuf. Il a cherché à rendre ce discours de 45 min profond, pour  donner du souffle à sa vision de la France. Car dans son duel avec les autres candidats et au-delà du combat des idées, François Hollande doit, comme les autres, nouer le dialogue avec les Français, les convaincre de sa « présidentiabilité ». Leur prouver que le bonhomme a la carrure, la stature d’un homme d’état. Depuis la fin des cantonales, Hollande apparaît plus posé, moins blagueur. Peut-être pour retrouver la  gravité dont savait user son seul prédécesseur socialiste à l’Elysée depuis le début de la Ve, François Mitterrand. Il y a trente ans, le candidat  Mitterrand avait d’ailleurs réuni les siens dans ce théâtre de la proche banlieue parisienne. A Hollande de rendre la  coïncidence pas seulement anodine.