La politique d'ouverture de retour pour la nomination du défenseur des droits?

INSTITUTION Jack Lang est fortement pressenti pour inaugurer le poste...

Corentin Chauvel avec Reuters

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Le député du Pas-de-Calais, Jack Lang, le 8 février 2011, à l'Assemblée nationale, à Paris.
Le député du Pas-de-Calais, Jack Lang, le 8 février 2011, à l'Assemblée nationale, à Paris. — P.KOVARIK / AFP

Les derniers rapports sont tombés. La Défenseure des enfants et la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) ont conclu leur mission ce mardi. Ces deux entités seront prochainement remplacées, avec le Médiateur et la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), par un seul et unique Défenseur des droits.

Sa nomination, par Nicolas Sarkozy, doit intervenir avant fin juin même si sa mise en place officielle aura lieu dimanche. Mais qui occupera le poste? De nombreux noms, à droite et à gauche ont circulé, dont  Bernard Kouchner, à qui le chef de l’Etat aurait proposé le poste en août dernier, Jean-Paul Delevoye, finalement nommé à la tête du Conseil économique, social et environnemental (Cese), Vincent Lamanda, le premier président de la Cour de cassation ou encore Françoise de Panafieu, qui s’était montrée intéressée fin décembre.

«C'est une fonction qui doit être impartiale»

Mais le grand favori, c’est Jack Lang dont le nom a de nouveau été avancé la semaine dernière par le Figaro et qui a échappé à l’imposition d’une limite d’âge en janvier dernier. Sauf que cela reviendrait, pour Nicolas Sarkozy, à recourir une nouvelle fois à la politique d’ouverture tant décriée au sein de la majorité présidentielle. Mais pour Jack Lang, cela n’a rien à voir.

«Ce n'est pas une fonction de ministre ou une fonction de député. C'est une fonction qui doit être impartiale. Il faut que la personnalité choisie soit capable de s'élever au-dessus d'elle-même, bénéficie d'une expérience juridique solide et d'une capacité à donner à cette institution un élan et un éclat», a expliqué vendredi le député du Pas-de-Calais sur Europe 1.

Le petit coup de pouce de Jack Lang en 2008

«Je pense qu'on ne manque pas en France de personnalités éminentes capables de donner à cette institution une force, un éclat, un prestige et une efficacité», a renchéri Jack Lang qui est aussi donné favori car son vote ajouté à ceux de la majorité présidentielle avait ouvert la voie en juillet 2008 à l'adoption de la révision constitutionnelle permettant la création du Défenseur des droits.

Mais là encore, l’ancien ministre socialiste réfute cette supputation. «Ce n'est pas parce que j'ai inventé l'idée et voté la révision de la Constitution seul contre mes amis (...) que je suis autorisé à me porter candidat à ceci ou à cela», a-t-il insisté. «Quand j'entends les petites discussions ici ou là, venant de tel ou tel clan, je me dis 'Mais on est complètement à côté de la plaque!'», a conclu Jack Lang qui reste donc, toujours officiellement, «candidat à rien».