La France doit «accueillir temporairement» les immigrés tunisiens, selon Cambadélis

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Le secrétaire national du PS à l'international, Jean-Christophe Cambadélis, a estimé ce mardi que la France devait «accueillir» provisoirement les immigrés tunisiens se trouvant à la frontière avec l'Italie, et a accusé Nicolas Sarkozy de politique électoraliste.

«Pour faire face, il faut aider le Maghreb. Fermer nos frontières, ça ne règle rien», a déclaré sur Canal+ Dominique Cambadélis, interrogé sur la rencontre dans la journée à Rome entre le président Sarkozy et le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi.

«Ensemble, on peut faire face au flux»

Ce rendez-vous a pour but d'apaiser les tensions alors que Paris a suscité la colère de Rome mi-avril en suspendant la circulation ferroviaire depuis la ville italienne de Vintimille, estimant qu'un train avec à son bord des manifestants voulant accompagner des immigrés tunisiens posait un risque pour l'ordre public.

La France est, elle, irritée par l'Italie qui a décidé d'octroyer des permis de séjour de six mois aux plus de 20.000 Tunisiens arrivés sur ses côtes depuis janvier pour qu'ils rejoignent «amis et parents» ailleurs en Europe.

«On les accueille, oui. On met en place un dispositif qui permet temporairement d'accueillir ces gens», a jugé Jean-Christophe Cambadélis, un proche du directeur du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn. «Il n'y a pas d'appel d'air aujourd'hui. Il y a un flux plus important que d'habitude et l'Europe, ensemble, peut y faire face», a-t-il poursuivi.

«On veut utiliser le problème à des fins électorales»

Selon lui, «on y fait face de deux manières». «Une manière de fond, c'est à dire qu'on aide ces pays», or, «aujourd'hui, on saupoudre, on se donne bonne conscience. Il faudrait une aide massive», a fait valoir le député de Paris.

Et sur «le court terme, dans l'urgence, c'est donner des titres provisoires. De toute façon on va le faire, tout le monde sait qu'on va le faire. L'Italie a déjà commencé à le faire. Il faut recevoir ces hommes et leur dire qu'ils ont vocation à retourner dans leur pays quand la situation sera stabilisée», a-t-il enchaîné.

«Mais aujourd'hui on ne veut pas que l'Europe réponde, on veut utiliser le problème à des fins électorales, que ce soit Silvio Berlusconi ou Nicolas Sarkozy», a déploré le responsable socialiste.