A droite comme à gauche, interrogations sur les accords de Schengen

IMMIGRATION Plusieurs politiques ont réagi ce week-end concernant la proposition du gouvernement de suspendre ces accords...

Julie Rasplus
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Wauquiez, Valls, Villepin… Deux jours après, les langues se délient sur la suspension temporaire des accords de Schengen, envisagée par le gouvernement en réponse aux migrants tunisiens et libyens.

Pour Dominique de Villepin de République solidaire, ce souhait est «une erreur». Pour l’ancien Premier ministre, c’est même tout le contraire : «Il faut faire fonctionner Schengen» et «établir de vrais contrôles» aux frontières. Dominique de Villepin a ainsi insisté sur la nécessité de mettre plus de «moyens humains et technologiques», évoquant le renforcement de Frontex, l’agence européenne de surveillance aux frontières.

Nouvelles règles?

De son côté, Laurent Wauquiez, ministre des Affaires européennes, a défendu dans Le Journal du Dimanche le souhait du gouvernement, assurant que le défi était le même pour l’Italie et la France. Il a indiqué vouloir travailler «sur une nouvelle clause» qui permettrait de «rétablir les contrôles aux frontières en cas d’afflux majeur».

 «A ce stade, la suspension générale des accords de Schengen serait disproportionnée», a estimé Manuel Valls dans Le Parisien dans son édition de dimanche. Mais «l’Europe aurait dû mettre tous les moyens pour permettre l’Italie [d’accueillir les migrants] dans d’autres conditions.»

Pour l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, le problème se situe surtout du côté de la frontière italienne, pays qui doit «assumer ses responsabilités de pays d’entrée de l’immigration».

Plus grande intégration

Tous les trois s’accordent en tout cas sur l’idée que «la France ne peut pas attirer toute la misère du monde», comme le résume Manuel Valls dans Le Parisien, reprenant la première partie d’une célèbre phrase de Michel Rocard.

Laurent Wauquiez insiste : «L'Europe, ce n'est pas la libre circulation des immigrants illégaux.» D’où l’enjeu essentiel, évoqué lui aussi par les trois hommes: une meilleure intégration.