Libye: La France a envoyé des officiers français auprès du CNT

DIPLOMATIE Mais seulement pour des conseils techniques et logistiques...

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Un rebelle à côté de la carcasse d'un tank de l'armée loyale à Mouammar Kadhafi à Misrata, le 19 avril 2011.
Un rebelle à côté de la carcasse d'un tank de l'armée loyale à Mouammar Kadhafi à Misrata, le 19 avril 2011. — P. MOORE / AFP

Quelques officiers français effectuent une mission pour conseiller le Conseil national de transition (CNT) libyen, organe de la rébellion contre Mouammar Kadhafi, a indiqué mercredi le gouvernement français au lendemain d'une annonce similaire de la Grande-Bretagne.

«Dans le cadre de notre coopération bilatérale avec les autorités du CNT, la France a placé auprès de notre envoyé spécial à Benghazi un petit nombre d'officiers de liaison qui assurent une mission de liaison auprès du CNT», a déclaré la porte-parole adjointe du ministère des Affaires étrangères, Christine Fages.

Conseils techniques et logistiques

«L'objectif est précisément de prodiguer au CNT des conseils d'ordre essentiellement techniques, logistiques et organisationnels pour aider à renforcer la protection des populations civiles et améliorer la distribution de l'aide humanitaire et médicale», a-t-elle précisé. Selon le porte-parole du gouvernement, François Baroin, le nombre de ces officiers français est inférieur à 10.

Le président du Conseil national de transition (CNT) libyen, Moustapha Abdeljalil, a invité mercredi Nicolas Sarkozy à se rendre à Benghazi pour soutenir les insurgés libyens et a promis à la communauté internationale d'établir dans son pays un «Etat démocratique».

Sarkozy invité à Benghazi

«Nous avons invité le président français à venir en visite à Benghazi, je pense que ce serait très important pour le moral de la révolution», a déclaré Moustapha Abdeljalil à la presse à l'issue d'un entretien de trois quarts d'heure à l'Elysée avec le chef de l'Etat français. La présidence a «pris note» de cette invitation, a-t-on indiqué dans l'entourage de Nicolas Sarkozy.

Londres a annoncé mardi l'envoi de conseillers militaires auprès de la résistance libyenne. «Au total, il y aura moins de 20 militaires» britanniques, a annoncé un porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères, sans spécifier «pour des raisons de sécurité» la date précise à laquelle l'équipe sera envoyée à Benghazi, fief des rebelles.

Pas de troupes au sol

La semaine dernière, un responsable occidental s'exprimant sous couvert d'anonymat avait indiqué à un journaliste de l'AFP en Libye que la France, l'Italie et la Grande-Bretagne avaient des attachés militaires présents à Benghazi.

Les annonces françaises et britanniques interviennent au moment où les rebelles libyens réclament une intervention au sol des Occidentaux, écartée par Paris et Londres. La résolution 1973 de l'ONU exclut une «force étrangère d'occupation sous quelque forme que ce soit».

Le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, a de nouveau exprimé cette position mercredi à la sortie de la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres. Mais il a jugé que le débat qui se développe actuellement sur le recours à une intervention au sol «mérite une réflexion internationale». Le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé s'était déclaré mardi «tout à fait hostile» à cette option.

«Situation de vie ou de mort»

La veille, les rebelles qui contrôlent la ville libyenne assiégée de Misrata ont demandé pour la première fois l'intervention de troupes occidentales au sol pour les secourir, alors que le régime du colonel Kadhafi se montre de plus en plus confiant dans l'évolution de la situation militaire.

Nouri Abdallah Abdoullati, l'un des chefs insurgés dans cette ville à 200 km à l'est de Tripoli, a indiqué à la presse que les rebelles demandaient l'envoi de soldats français et britanniques sur la base de principes «humanitaires».

«Auparavant, nous demandions qu'il n'y ait aucune interférence étrangère, mais c'était avant que Kadhafi utilise des roquettes Grad et des avions». «Désormais, il s'agit d'une situation de vie ou de mort», a-t-il déclaré.