2012: Ce que ferait Dominique de Villepin s'il était à l'Elysée

Alexandre Sulzer
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Dominique de Villepin lors du premier conseil national de son mouvement «République Solidaire» le 04 décembre 2010 à Paris.
Dominique de Villepin lors du premier conseil national de son mouvement «République Solidaire» le 04 décembre 2010 à Paris. — AFP PHOTO / BERTRAND GUAY

Il raille la surabondance des «candidats sans projets» pour la présidentielle. L’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, lui, n’est officiellement pas candidat mais a déjà un projet d’inspiration gaulliste qu’il présente ce vendredi et dont 20 Minutes s’est procuré les mesures phares.

- Un revenu citoyen (RC) Cette mesure-phare remplacerait les allocations existantes et serait perçu de façon dégressive par tous les Français de plus de 18 ans dont les revenus se situent entre 0 et 1.500 euros net mensuels. Il se veut à la fois un minimum vital et un coup de pouce aux foyers modestes. Par exemple, une caissière qui gagne, à temps partiel, 500 euros, recevrait 400 euros de RC tandis qu’un ouvrier au SMIC toucherait 150 euros de RC. En contrepartie, les bénéficiaires s’engagent à accomplir des tâches d’intérêt général. Problème: cela coûte cher, 90 milliards d’euros en tout. Mais assure Dominique de Villepin, le coût effectif ne serait que de 30 milliards car il faut déduire les allocations auxquelles le RC se substitue. Il propose par ailleurs d’augmenter la progressivité de l’impôt (lire ci-dessous), d’augmenter la TVA de 2,5 points (à 22%) et table sur les économies de frais de gestion prévisibles en raison de la substitution du RC à plusieurs dizaines d’allocations.-Un statut du citoyen. Il rend le vote obligatoire. Par ailleurs, un « service citoyen » d’un an s’impose aux 18-25 ans qui effectueraient des travaux d’intérêt général ainsi qu’aux nouveaux citoyens français (pour une période plus courte).

- Un impôt plus progressif Il unirait l’impôt sur le revenu et sur le patrimoine et serait payé par tous, dès le premier euro gagné. Le taux d’imposition des 500.000 foyers fiscaux les plus élevés passerait de 19% à 35%. Le plafond d’imposition serait fixé à 60%.

- Des institutions resserrées Le nombre de régions passerait à huit ou dix, tout comme le nombre de ministres, dont les périmètres seraient gravés dans le marbre constitutionnel. «A 30 ou 40, un gouvernement, ça ne marche pas!», fulmine l’ancien Premier ministre. Le nombre de parlementaires serait lui aussi revu à la baisse. Une réforme qui serait approuvée par référendum. Par ailleurs, les présidents des nouvelles «super-régions» se réuniraient tous les 15 jours avec le président de la République et le Premier ministre.

- Imposer la cogestion dans les entreprises Un tiers des sièges dans les conseils d’administration et de surveillance serait réservé aux salariés.

- Rendre la justice indépendante Un «procureur général de la Nation», désigné par le Conseil supérieur de la magistrature et par le Parlement, en serait le garant. L’ombre de l’affaire Clearstream plane sur cette proposition.

- Création d’un service public bancaire Il imposerait aux banques privées l’accès de tous à un compte bancaire et à toutes les PME à un financement.

- Deux polices distinctes L’une, nationale, serait chargée du judiciaire tandis que la seconde, métropolitaine, serait en charge de la tranquillité publique sous l’autorité du maire.

- Un plan vert Outre l’instauration d’une «contribution carbone», Dominique de Villepin souhaite «ramener le nucléaire à 50%» de la production d’électricité française.