Stéphane Lhomme: «La candidature d'Hulot m'a mis en colère»

PRESIDENTIELLE Rencontre avec le président de l’Observatoire du nucléaire, candidat aux primaires d'Europe Ecologie-Les Verts...

A Bordeaux, Orianne Dupont

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Stéphane Lhomme, candidat déclaré aux primaires d'Europe Ecologie-Les Verts
Stéphane Lhomme, candidat déclaré aux primaires d'Europe Ecologie-Les Verts — J-P. VINCENT / 20 MINUTES

«Je trouve insupportable que Nicolas Hulot veuille faire main basse sur l’écologie politique et se présenter comme le sauveur de la planète ». Le président de l’Observatoire du nucléaire et de l’association Tchernoblaye, Stéphane Lhomme, annonce la couleur en se mettant sur les rangs pour les primaires d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), en vue de la présidentielle de 2012. «Sa candidature m’a mis en colère», reconnaît-il. Le Girondin est  le cinquième à manifester son intérêt pour le parti écologiste après Yves Cochet, Henri Stoll (conseiller général du Haut-Rhin), Eva Joly et Nicolas Hulot, qui devrait officialiser sa candidature mardi.

Les responsables Europe Ecologie-Les Verts locaux se montrent surpris par cette candidature, mais ils y sont favorables. « C’est un bon signe d’avoir ce genre de personne qui s’intéresse à Europe Ecologie », indique Clément Rossignol, élu à Bègles qui attend de Lhomme une «position plus constructive». Pour l’élu bordelais Pierre Hurmic, «sa présence va obliger les autres candidats à se positionner sur la sortie du nucléaire». Un point sur lequel le militant se montre très critique: «Avant Fukushima, Nicolas Hulot ne s’est jamais positionné sur le nucléaire».

Licencié du réseau Sortir du nucléaire

Cet ancien instituteur qui a quitté l’Education nationale, « écœuré par les manœuvres de ma hiérarchie qui m’a empêché d’agir en faveur des familles de mes élèves qui habitaient au village andalou [dans des logements insalubres]», est connu pour son discours clair, parfois jugé radical. Ce qui lui aurait valu son licenciement du réseau Sortir du nucléaire en 2010. «J’ai toujours été lucide, nuance-t-il, j’avais dit il y a quatre ans que les centrales japonaises n’étaient pas adaptées aux risques sismiques…».

Même s’ils reconnaissent que la candidature de Nicolas Hulot fait débat, les responsables locaux du parti attendent les primaires pour se prononcer. «La présidentielle nous permet de toucher le public, il ne faut pas noyer notre message dans une polémique sur les primaires», prévient Stéphane Saubusse, président des Verts Gironde.