Primaires PS: François Hollande doit convaincre

POLITIQUE Il est candidat depuis jeudi...

Maud Pierron

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François Hollande, le 1er avril, en déplacement à Boulogne-sur-Mer.
François Hollande, le 1er avril, en déplacement à Boulogne-sur-Mer. — P. HUGUEN / AFP

En candidat «normal», comme il se présente, François Hollande va faire une campagne sobre, sans fioriture. Du terrain, au moins un déplacement par semaine. Le premier a eu lieu ce vendredi à Boulogne-sur-Mer, dès le lendemain de sa déclaration à «la présidence de la République à travers les primaires socialistes». 

Au programme, des rencontres avec les élus locaux, des entrepreneurs et des réunions publiques, un exercice qu’il maîtrise parfaitement depuis son passage à la tête du PS.  Onze années en tant que Premier secrétaire, c’est à la fois un problème pour lui - son bilan notamment des dernières années est mauvais - mais aussi un atout, puisqu’il a pu se créer un réseau d’élus, dans les fédérations.

«Mon problème, c’est de convaincre les Français»

Evidemment, le candidat effectuera des déplacements à l’étranger. Pour asseoir sa crédibilité de candidat? Pas du tout. Ce n’est pas l’international «qui donne une présidentialité», répond-il, mais lorsqu’on prétend à l’Elysée, «c’est important de savoir comment va le monde».  «L’Europe» surtout, qui sera sa priorité. Son premier voyage devrait être pour la Grèce. Un pays où un autre socialiste français, DSK, n’est pas vraiment en odeur de sainteté depuis que le FMI a prescrit une cure d’austérité radicale pour soigner les déficits.

Quatrième candidat déclaré aux primaires, il veut profiter de sa liberté – celle que n’ont pas DSK ou Martine Aubrypour grappiller encore quelques points dans les sondages et créer un lien avec les Français. Jeudi à Tulle, lorsqu’on lui rapporte les critiques des proches de Martine Aubry ou de DSK sur sa déclaration de candidature, François Hollande répond: «Les autres, ce n’est pas mon problème. Mon problème, c’est de convaincre les Français, ce n’est pas si facile.» Il lui reste du temps pour convaincre. Sept mois déjà pour séduire les seuls sympathisants socialistes.