2012 : le Front de gauche décide une "campagne collective"

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Le Front de gauche -PCF, Parti de gauche et Gauche unitaire- a décidé vendredi une "campagne collective" à la présidentielle et aux législatives autour d'un "programme partagé" alors que le PCF doit bientôt se prononcer sur la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

Dans ce "texte d'accord" de sept pages publié au lendemain d'une longue rencontre entre Pierre Laurent (PCF), Jean-Luc Mélenchon (PG) et Christian Picquet (GU), le FG se prononce pour "une campagne présidentielle et législative collective avec un programme partagé, des candidatures partagées, des temps de parole partagés, des tribunes partagées, un matériel officiel partagé et une ambition partagée".

Mais aucune mention de M. Mélenchon. Seul figure le fait qu'en 2012, le FG aura "un ou une candidat(e) à la présidentielle".

Le Conseil national du PCF doit se réunir vendredi et samedi prochain sur la question. Le direction du Parti pourrait alors présenter le nom de M. Mélenchon aux représentants communistes tout en l'assortissant de conditions sur une très large majorité de candidats PCF aux législatives avec en toile de fond l'enjeu du financement public des partis.

Si c'est pour avoir "75% de candidats PCF, ça ne va pas", "il faut un équilibre qui reconnaisse son poids mais pas dans un rapport hégémonique" car le FG ne se fait "ni autour d'un seul homme, ni autour d'un seul parti", explique à l'AFP Eric Coquerel (PG), plaidant pour des discussions sur la base de 50% de candidats PCF, 30% PG, 20% GU et autres associatifs ou syndicalistes.

Une conférence nationale du PCF se tiendra ensuite les 4 et 5 juin pour arrêter les choix, avant un vote final des militants du 16 au 18 juin. Le candidat du FG sera alors officiellement désigné.

Les députés PCF André Gerin (Rhône, "orthodoxe") et André Chassaigne (Puy-de-Dôme) sont également candidats à l'investiture. Mais ce dernier a déjà dit qu'il ne se présenterait pas devant les militants si la conférence nationale ne le désignait pas.

Selon le texte commun, le FG entend "battre Sarkozy, créer les conditions d’une victoire durable de la gauche avec un gouvernement qui remette en cause les logiques financières dominantes". "Pour faire reculer le Front national, il faut une alternative politique qui incarne la transformation radicale du système", écrivent-ils.

Côté programme qui sera adopté "au printemps" : salaire et revenu maximum, Smic à 1.600 euros net, pôle financier public, planification écologique, assemblée constituante, VIe République, sortie du Traité de Lisbonne et retrait des troupes françaises d'Afghanistan et de l'Otan.

En attendant, un meeting sera organisé début mai contre "le Pacte pour l'euro" de l'UE, vu par le FG comme une "régression sociale et démocratique".